Une vieille famille de Marcillac-Vallon : les « de Cabrières »

Aymeric de Cabrières vit à Marcillac en 1450. Il est le père de Pierre, mentionné dans des actes de 1491. Ce dernier eut  pour fils Jean de Cabrières qui épousa, par contrat du 2 février 1514,  Antoinette R… (Roaldès?),  du lieu de Marcillac.
De ce mariage naquit Antoine de Cabrières qui épousa, en 1558, Marie de Jouéry.

Antoine et Marie eurent pour fils Pierre de Cabrières qui s’allia, par contrat du 3 juin 1584, à Marie Roaldès de la Roaldie, fille d’une illustre famille de bourgeois de Marcillac.

C’est  vraisemblablement ce couple qui fait construire, à partir de 1598, le « château de Cabrières » au fond de la rue droite.

De cette union naîtront : Antoine ; Pierre, qui deviendra prêtre et  curé de Marcillac ; Delphine ; Antoinette ; Jeanne, qui épousera noble Jean de Mazars de Limayrac, du lieu de Marcillac  ;  Gaspard, qui testera, sans être marié, le 26 août 1644 et donnera ses biens, par égale part, à Antoine, son frère et à Jean de Mazars,  son beau-frère.

Jean de Mazars et Jeanne de Cabrières eurent deux filles, les demoiselles Catherine et Antoinette de Mazars. Sous la conduite de leur oncle, le curé Pierre de Cabrières, celles-ci, associées à une de leurs cousines, Marie de Firminhac, également native de Marcillac, fondent, en 1682, la communauté des Soeurs du Travail et de la Croix. Les membres de cette petite association, installée dans le « château de Cabrières » mis à leur disposition par leur oncle curé, se vouent à l’éducation chrétienne des jeunes filles de la paroisse et à la visite des malades.

Antoine de Cabrières qui avait épousé Marie Dolières, en 1618, eut 8 enfants de cette union, dont : Jean, bachelier en théologie, qui devint chanoine de Saint-Christophe et curé de Marcillac, décédé en 1705 ; Antoine, qui mourut  chanoine de Villandraut, diocèse de Bazas ; Pierre, religieux capucin ; Gaspard.

Ce dernier épouse, le 3 février 1657, Françoise de Cambefort, fille de Jean de Cambefort et d’Antoinette du Verdier. Gaspard contribue activement, en 1659, au relèvement de la confrérie des Pénitents blancs de Marcillac et à faire construire, en 1660, la chapelle de cette confrérie. Il obtient, en 1674, concession du droit de sépulture dans la chapelle de Sainte-Foy en l’église de Marcillac. Il meurt, en 1705, laissant de son mariage Claude et François.
Claude de Cabrières prend alliance, le 6 février 1690, avec Isabeau de Parayre. Il sera conseiller du Roi, et lieutenant particulier au sénéchal et siège présidial de Rodez. Ce couple donne naissance à : Jean-Claude ; Marie-Marguerite, qui, veuve d’un capitaine de cavalerie, épousera en seconde noces noble Bernardin de Patris ; Antoine-Gaspard de Cabrières, né à Rodez le 30 janvier 1701, qui deviendra chanoine et archidiacre de l’église cathédrale, prieur de Saint-Amans et vicaire général du diocèse. C’est lui qui posera la première pierre de l’église Saint-Amans, le17 avril 1758.( A la base du premier pilier du choeur, au midi. Il donna également 3.000 livres pour la reconstruction de cette église.)
Comme son père, Jean-Claude deviendra conseiller du Roi et lieutenant particulier au siège présidial de Rodez. Il épousera, en 1724, Marie-Anne de Jouéry, fille de Jean-François, lieutenant-criminel et de Delphine de Médal.  Il mourra en 1739 laissant : Jean-François ; Joseph-Antoine-Gaspard qui sera vicaire-général du Mans, grand-vicaire du diocèse de Noyon, reclus à Chantilly pendant la Révolution et délivré après le 9 thermidor ; Agathe ; Elisabeth et Paule , religieuses.

Jean-François de Cabrières hérite des biens de ses grand-tantes Antoinette et Paule de Parayre. Il épouse, en 1760 Marie-Anne Merviel, fille d’un avocat de Rodez. Il devient successivement conseiller-secrétaire du Roi à la chancellerie de Douai, lieutenant au sénéchal et présidial de Rodez, subdélégué de l’intendant, avant 1789, et président de l’administration centrale du département de l’Aveyron pendant les années IV à VI de la République, puis conseiller de préfecture jusqu’à 1810. Co-fondateur de la Société d’Agriculture, il en assumera la présidence. Il décèdera en 1815.

Son fils, Jean-François-Gaspard est né en 1769. Il se préparait à devenir receveur-général des finances. La révolution ayant aboli cette charge, il est incorporé dans le corps d’armée constitué au nom de la levée en masse décrétée en 1793. Le 22 septembre 1795, il épouse Marie-Geneviève Robert de Méric de Vivens. Libéré en 1796, il est intégré au jury chargé de fonder l’Ecole Centrale de Rodez, qui succède au Collège Royal. En 1810, il est nommé secrétaire-général de la préfecture et élu au conseil général. Il parviendra à obtenir un dégrèvement de 800.000 francs sur la contribution foncière dûe par le département. Ses compatriotes lui manifestent leur reconnaissance en le faisant nommer chevalier de la légion d’honneur. Secrétaire perpétuel de la Société d’Agriculture, cette dernière lui confie en l’an X un troupeau de moutons de race espagnole qu’il est chargé d’entretenir. Jean-François-Gaspard décède le 18 juillet 1836. En 1879, la ville de Rodez donne son nom à l’ancienne rue de l’Agriculture, qui relie le boulevard d’Estourmel à la rue Béteille.

Jacques-François-Gaspard de Cabrières, fils du précédent, épouse en 1830, Elisabeth Coste, fille de Jean-Joseph Coste, ancien maire et conseiller général d’Espalion, et de Marie-Louise Izarn de Freyssinet. De ce mariage naîtront  : Eugène, décédé à Saint-Flour, en 1843, et Albert, sous-lieutenant au 7° régiment de hussards, décédé à l’âge de 23 ans.

Selon R. Noël (Dictionnaire des châteaux de l’Aveyron), les Cabrières sont allés s’installer à Rodez vers la fin du XVI° siècle. Leur maison, qui se trouvait au chevet de la cathédrale, a disparu lors de l’agrandissement de la place Emma Calvé.
Au XVIII°  siècle, ils sont allés s’implanter à la Roque (commune d’Onet-le-Château). Ils y ont fait bâtir ce qui constitue aujourd’hui le pavillon central de l’école d’agriculture, dont la grille de la cour d’honneur porte leurs armoiries : « d’azur à trois chevrons d’or ; cartel couronne de comte ». Dans le courant du XIX° siècle, cette propriété est passée dans la famille Bastide-Stuard.

A la veille de la Révolution, les de Cabrières demeuraient, et de loin, les contribuables les plus taxés de Marcillac (223 livres,18 sous, 2 deniers).

Gaspard de Cabrières a fait bâtir, au début du XIX° siècle, au coeur de Marcillac, à l’emplacement de l’ancien château comtal, une grande et belle maison. Peu après son achèvement, une moitié de celle-ci fut vendue à l’hospice en1823. On y installa deux religieuses du Saint-Sacrement de Mâcon et d’Autun pour y tenir le nouvel hospice et y annexer une école primaire. En 1833, cette institution acquit la totalité du bâtiment  devenu, à présent , la « Maison de retraite du Vallon ».

Les de Cabrières ne sont plus représentés aujourd’hui à Marcillac, mais leur devise continue à trôner sur le fronton de la tour de la « Maison de retraite du Vallon » : « Gratia gratiam parit » (La grâce engendre la grâce).

 

N.B.  « La famille Cabrières a été anoblie en 1782. On la trouvait bien sûr à Marcillac et à Rodez, mais aussi sur plusieurs domaines dans la périphérie ruthénoise : Is, ancienne dépendance de l’abbaye de Bonnecombe, au domaine de la Costarie près d’Inières, à La Roque, près de Sébazac, à Briane près de Flavin.

Au XIX° siècle, Théodore de Cabrières, un fils de Gaspard de Cabrières, va se laisser emporter par des spéculations politiques en Espagne qui vont fortement entamer sa fortune.

(d’après « Châteaux et personnages du Ruthénois » de Gérard Astorg – 2011).

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter

sed mattis Curabitur efficitur. eleifend ut nunc diam