Un Enfant Du Canton Pionner De l’Aéronautique

Après 40 ans de bons et loyaux services sous le nom d’aéroport  « Rodez-Marcillac », celui-ci, en cette fin d’année 2011, change de nom pour adopter celui d’aéroport « Rodez-Aveyron ».

Construit en grande partie sur le canton de Marcillac, et plus précisément sur la commune de Salles-la-Source, cette circonstance nous conduit à rappeler que Charles Carnus, un des pionners de l’aéronautique, est né tout près de là, à Vanc, le 30 mai 1749.

Nous ne retracerons pas ici toute la vie de ce savant prêtre, professeur au Collège royal de Rodez, massacré à Paris le 2 septembre 1792 et béatifié en 1926. Nous rapporterons seulement son expérience qui le conduisit, avec son collègue Louis Louchet, à réaliser la quatrième ascension en mongolfière de l’histoire de l’aéronautique .

 

Extrait de « Martyrologe des prêtres du Rouergue » – Tome II – de P.A. Verlaguet et J.L. Rigal – Editions de la « Revue historique du Rouergue » – Rodez, 1951 :

 

« Dans son ardeur pour l’étude, Charles Carnus était toujours en quête des mouvements de la science. Vers le milieu de 1783, il apprenait par les feuilles publiques la merveilleuse découverte des frères Montgolfier, à Annonay. On sait le premier essai que ces deux fabricants de papier firent, le 5 juin, d’un ballon, qui, en dix minutes, s’éleva à deux mille mètres et alla tomber à deux kilomètres du point de départ. On connaît aussi l’expérience faite par Charles, qui, le 27 août, à Paris, au champ  de Mars, lança un ballon gonflé d’hydrogène qui s’éleva à mille mètres. Le 19 septembre, les frères Montgolfier renouvelèrent leur expérience à Versailles « in anima vili » : le mouton, le coq et le canard, attachés au ballon dans une cage d’osier, descendirent sains et saufs dans les bois de Vaucresson. Pilatre de Rozier eut l’honneur de tenter les premières ascensions dans un ballon captif d’abord et ensuite le 21 novembre 1783, en pleine liberté, accompagné du chevalier d’Arlandes. L’exemple était donné, et bientôt Charles et Robert, les frères Montgolfier avec six personnes et Pilatre de Rozier avec quatre gentilshommes et Mme Constantin, renouvelaient leurs expériences avec succès.

Charles Carnus comprit l’importance de cette découverte. « J’ai toujours espéré, disait-il, dans une conférence, à Rodez, qu’on parviendrait enfin à découvrir des moyens sûrs de diriger à volonté les nouveaux navires volants », et il ajoutait : « Il est beau et glorieux pour le Rouergue de donner, le premier, un exemple qui peut être d’une si grande utilité pour les sciences ».

Encouragé par les professeurs et les élèves du collège royal de Rodez et par son évêque, Mgr Colbert de Castlehill, Carnus songea à exécuter à son tour un voyage aérien. Une souscription ouverte à cet effet donna les meilleurs résultats ; près de quinze cents livres furent recueillies en peu de jours ; Charles Carnus et son collègue Louis Louchet en ajoutèrent trois cents et on put se mettre à l’oeuvre.

Entre temps, il avait demandé des conseils à Pilatre de Rozier. La Montgolfière : « La Ville de Rodez », se trouva terminée le 22 juillet 1784 ; ce jour-là eut lieu une première expérience ; quelques déchirures s’étant produites dans l’enveloppe de papier, le prudent professeur renonça pour cette fois, à prendre place dans la galerie et laissa le ballon s’envoler seul. L’appareil descendit au bout d’un quart d’heure, à six kilomètres de Rodez. Carnus répara la Montgolfière. Le 6 août suivant, à 8 heures 28 minutes du matin, de la cour du collège et en compagnie de Louis Louchet, il s’éleva dans les airs en présence d’une foule immense ; à 9 heures 3 minutes ils atterrissaient au-delà du village d’Inières, dans une prairie du domaine de Caumels.uis  L’expérience avait eu un plein succès ; les deux aéronautes  avaient acquis une grande popularité ; aussi la ville de Rodez leur fit-elle l’accueil le plus enthousiaste. »

 

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter

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