Transport du minerai de fer via Marcillac-Vallon

Dès l’antiquité, du fer est fondu au bois dans la région et les Romains ont développé cette activité au pourtour du Puech du Kaymar, toutes les conditions étant réunies.

Du charbon est exploité superficiellement puis en galeries et découvertes à Cransac et Firmi.

La loi du 28 avril 1810 dissocie la propriété du sol et celle du sous-sol.

Le Duc Decazes, ancien ministre et grosse fortune de l’époque achète,  sans les connaître, des concessions dans toute la France. (en 1826, Mondalazac).

L’ère contemporaine s’ouvre, la carte de France est réalisée (Cassini), certains cours d’eau sont rendus navigables, des routes et itinéraires sont aménagés. La vapeur fait ses premiers balbutiements et le fer, toujours obtenu par chauffage au charbon de bois, est une matière rare.

Le Duc Decazes, Ministre de l’intérieur, est soupçonné d’avoir participé à un complot. Il est envoyé comme ambassadeur en Angleterre où Il est fasciné par la volonté qu’ont les Anglais de vouloir réaliser de la fonte avec du charbon « de terre ». Il fait la connaissance d’un ingénieur de Polytechnique : François CABROL, qui vient d’abandonner l’armée suite à une blessure à Waterloo et qui, lui aussi, est intrigué par cette technique d’avant-garde. C’est ainsi que Cabrol, né à Rodez, reçoit les pleins pouvoirs du Duc Decazes pour mettre au point la fusion de la fonte (première étape avant l’obtention du fer) avec de la houille noire.

A Firmi, le charbon s’extrait en grandes quantités à ciel ouvert. Cabrol décide de s’implanter en ce lieu pour faire ses essais de hauts-fourneaux, le minerai de fer venant principalement de diverses exploitations vers le Lot : Capdenac, Les Albres, Aubin, le Kaymar, mais aussi Solsac.

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La première coulée, selon ce nouveau principe, eut lieu, en présence du Duc Decazes, le 25 décembre 1828. L’éloignement des différentes sources d’approvisionnement et les charrois très difficiles, par des  chemins non prévus à cet effet, empêchent un mélange de proportions de minerai régulier. Il en résulte d’importantes difficultés à maîtriser une fusion régulière.

Le procédé devenu concluant, il est décidé d’agrandir les installations sur le site de La Salle, qui deviendra Decazeville, et de se concentrer principalement sur le gisement de minerai de fer de Mondalazac, de teneur à 30%.

Le premier minerai exploité dans la région de Marcillac est celui de « Solsac -vieux » exploité en mine souterraine à forte déclivité. il est transporté en tombereaux, via Solsac, Bédère, la Vallée du Cruou, Marcillac, Saint-Christophe. La route de Malviès n’existait pas encore. Elle fut ouverte pour cette nécessité en 1840.

Le transport du minerai représente 80% de la valeur du produit fini. Il est alors décidé de créer une ligne de chemin de fer privée, au moment où la France se structure d’un réseau national. La ligne ferroviaire actuelle, Capdenac-Rodez, n’existe pas à cette époque. Les contraintes administratives étant moins importantes que pour le réseau national, une voie  est  construite, de Decazeville à Marcillac, à l’écartement réduit de 0,66m. Cette réalisation nécessite la construction de 2 viaducs (Malakoff et le Pont-rouge) et le percement de 10 tunnels (dont deux de 1 km). Il est à noter que si le gabarit des ouvrages est réduit de Decazeville à Saint-Christophe, le dimensionnement, pour les ponts et tunnels, de cette bourgade à Marcillac est de largeur compatible pour le chemin de fer standard, car il était projeté de faire passer la voie actuelle allant vers Rodez, au coeur de notre village, puis de la faire progresser par la vallée du Cruou.

Cabrol, à son apogée, envisage de devenir député. (Les circonscriptions étaient autres qu’actuellement). S’il était homme providentiel dans le « Bassin », en fournissant du travail, il n’en était pas de même dans le Vallon où il expropriait à tour de bras pour faire passer son train. A Marcillac, il ne fut pas majoritaire en voix. Aussi le magnifique viaduc qu’il avait imaginé pour notre bourg, qui devait marquer l’innovation des techniques, sera, par dépit, construit dans la vallée de l’Ady, en 1856, en commémorant, par ses formes féodales, la tour Malakoff prise par nos armées à la guerre de Crimée, d’où son nom générique.

L’exploitation de la couche de minerai est par la suite transférée aux affleurements de Ferrals pour devenir la plus importante mine souterraine du causse. Le prolongement de la voie ferrée depuis Marcillac est alors opéré en accotement de la route de Cruou qui est, pour cet usage, prolongée, en 1893, jusqu’à Ferrals. (C’est pour celà que cette côte est connue des cyclistes pour sa déclivité constante).

Les vignerons ne tolèrent pas la traction à vapeur de peur que la fumée des locomotives ne soit néfaste aux vignes. Les wagonnets sont alors tractés par des chevaux. La descente est réalisée en charge, la montée à vide.

Le 1er avril 1909, un décret autorise l’installation d’un transporteur aérien de 130 bennes, de près de 7 km de longueur, entre Ferrals et Marcillac (extrémité de la traction à vapeur).
La gravité joue ici comme force motrice puisque le minerai ne fait que descendre jusqu’au « Plateau de Marcillac » où il est basculé dans des trémies puis sur les convois ferroviaires.

En parallèle, une compagnie concurrente « Fourchambeau-Commentry » ouvre la mine de Cadayrac et transporte son minerai à la gare de Salles-la-Source par une autre voie à l’écartement de 1,10 m, avant de l’acheminer par la ligne « normale » (écartement 1,435 m), ligne alors mise en service de Capdenac à Rodez. Ce minerai est acheminé à Aubin-Le Gua où l’on procède essentiellement à la réalisation de rails de chemin de fer. Une inondation souterraine de grande ampleur, en 48 heures, fait fermer cette exploitation prématurément.

A Ferrals, l’exploitation fut à son apogée durant la guerre de 1914-1918. En 1916, où 6500 personnes travaillaient dans les mines et usines métallurgiques environnantes, une exploitation depuis un puits central est envisagée à Jaugues (point de passage du transporteur aérien) mais celà reste sans suite. En effet l’Alsace et la Lorraine reviennent à la France, en 1918, où du minerai de bien meilleure teneur foisonne. L’extraction locale s’arrête alors, vers 1920.

Les aciéries de Decazeville continuent et se transforment jusqu’à la fin du charbonnage.

Des vestiges de cette épopée subsistent dans notre Vallon et l’on ne peut oublier l’importance qu’ils ont eus.

 

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Pour en savoir plus, le site  de Jean RUDELLE, www.zapgillou.fr/mondalazac, (ou accès via  www.ferrobase.fr) vous propose en 13 chapitres une découverte de l’histoire minière du causse Comtal: Marcillac fut une étape importante sur cette Route du Fer, du causse aux usines.

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter

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