Thierry ANTERRIEUX (la naissance des orgues)

“… Pratiquement autodidacte, il découvre la musique chez les soeurs à l’âge de six ans, et il anime dès treize ans les offices religieux sur l’harmonium de l’église de Marcillac.

Organiste suppléant à quinze ans seulement à Toulouse, puis titulaire à Souillac, c’est en région parisienne, grâce à son “maître” Georges Lartigau, que le jeune Marcillacois voit confirmée sa passion pour l’orgue. Il obtient le premier prix à l’unanimité avec mention au Conservatoire régional d’Ile-de-France.

De retour dans le Vallon, Thierry est fidèle au rendez-vous dominical de l’office, où l’orgue électronique a remplacé le vieil harmonium. Mais le nouvel instrument s’essouffle déjà : ” J’ai souvent contemplé dans l’église, se rappelle-t-il, la tribune au-dessus de l’entrée, la place prévue pour un orgue“. Un orgue, un vrai, mécanique, fabriqué dans la tradition, avec non pas des hauts-parleurs, mais des  tuyaux de deux mètres, qui emplissent l’enceinte de l’église de leur résonnance grandiose : un rêve d’enfant !

Thierry crée alors les “Amis des orgues du Vallon” en novembre 1989. Son idée, acheter un orgue pour l’installer dans l’église. La paroisse s’associe au projet qui se réalise en mars dernier. L’association acquiert alors l’orgue du conservatoire de Cergy-Pontoise – 14 jeux et 3 claviers.

Entreposé dans la Chapelle des Pénitents, l’instrument attend qu’un facteur d’orgue le monte et qu’un artisan lui fabrique un buffet en accord avec l’architecture pré-gothique de l’église – un appel d’offres a été lancé. …”

 

                          (extrait d’un article signé Emmanuel Pons paru dans la presse locale)

 

 

“La nouvelle est tombée, brutale et d’une tristesse infinie : l’ami Thierry est mort, mort soudainement !

… Sa passion était dans la vie, dans la nnature, mais aussi et surtout dans la musique. Il avait pour idéal l’installation du grand orgue de l’église de Marcillac. Depuis plus de cinq ans, à la tête de l’association qu’il avait créée “Les Amis des orgues du Vallon”, il se démenait pour arracher, ici et là, quelques maigres subventions lui permettant de réaliser son rêve.

Il y a quelques semaines à peine, il faisait part à ses amis des difficultés qu’il rencontrait dans sa démarche. Mais le pessimisme n’avait pas d’emprise sur lui. Il était de tous les projets originaux du moment qu’ils avaient pour support ses deux passions : musique et environnement. C’est ainsi qu’il participait activement à la création des sorties “fugues en Causse et Vallon”. Nous serons certainement nombreux à garder en mémoire le souvenir de sa prestation musicale, en 1991, dans la grotte de Bouche-Rolland. Il était de la plupart des manifestations culturelles du pays. A la fête de la musique, à la Saint-Bourrou, son orgue portatif à portée de main, il animait, il s’investissait. Le Vallon vient de perdre une de ses forces vives, un de ces porteurs d’idées tournées vers la création et l’avenir.

D’autres reprendront certainement le flambeau. Ta fugue nous a surpris et nous attriste. …”

 

 

“En octobre 1992, Jean-Paul Costes, l’ébéniste de Marcillac, a achevé le buffet. Thierry en est très heureux. Subitement, son coeur s’arrête…

Depuis janvier 1993, A.A.O.V. poursuit ce qu’il avait entrepris, avec quelques fidèles amis constituant une petite équipe dynamique et efficace.

Le maire de Marcillac, acceptant d’assurer la maîtrise d’ouvrage, a passé en septembre 1993 un marché avec Jean Boissonnade, facteur d’orgues à Sévérac-l’Eglise, assisté des deux harmonistes Bellet et Clenet ! Ce bel ouvrage de 18 jeux comporte 1.094 tuyaux ! …

Le financement de l’opération (environ 700.000 F) est aujourd’hui presque entièrement assuré à parts sensiblement égales entre la paroisse, A.A.O.V. et les pouvoirs publics (mairie, conseils régional et général). Une égalité qui marque l’intérêt général pour cet orgue et confirme ce qui doit être son destin : accompagner la prière, contribuer à l’animation culturelle du Vallon, encourager de nouvelles vocations musicales.

C’était le désir de Thierry Anterrieux.”

 

(extraits de la presse locale)

 

 

Le vendredi 31 mars 1995 au soir, façade éclairée, confié aux doigts et aux pieds de Georges Lartigau, et en présence du père-évêque, l’orgue “parlait” publiquement.

Par  sept fois, le co-célébrant l’a interpellé. Chaque fois, l’orgue répondit par un choral de Bach, correspondant à l’interpellation. A l’issue de ce dialogue, le père-évêque l’a solennellement béni, lui demandant de soutenir le chant et la prière du Peuple de Dieu, de favoriser l’éducation artistique et l’éveil à la beauté de tous ceux qui aiment la musique.

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter