Sonnet : le temple de Cadayrac

C’est à l’ombre d’un chêne isolé qui s’érige
Sur le Causse, comme un nuage safrané,
Que par un soir d’automne un pâtre m’a donné
Ce bronze de Tibère où s’efface un quadrige.

 

En gardant ses moutons il l’avait recueilli
Au flanc du tertre vert de la devèze proche
Où, jadis, un savant fit surgir sous sa pioche
Le dallage moiré d’un temple enseveli.

 

A ses yeux j’évoquai la bataille nocturne
Où les Romains, surpris par le chef taciturne,
Tombèrent sous les coups de nos Rutènes blonds.

 

Et le prêtre, chargé du trésor de Cybèle,
Qui fuyait vainement l’avalanche mortelle
Des javelots aigus pareils à des frelons.

 

           (extrait de “Au pays des chardons et des genévriers” de Marc-André Fabre)

 

 

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter