Saint-Bourrou 1886

C’est en 1783 que l’on trouve la première mention de la Saint-Bourrou. Cette  célébration a perduré sans interruption jusqu’à nos jours. Comment la célébrait-on jadis ? Le « Journal de l’Aveyron » du 22 juin 1886 nous donne un excellent compte-rendu de la Saint-Bourrou de cette année-là :

 

« Lundi 14 juin, les vignerons de Marcillac ont célébré leur fête de Saint-Bourrou. Cette solennité attire, tous les ans, dans nos murs, une foule considérable d’étrangers. Cette année , l’affluence a été encore plus grande que les années précédentes. Le programme de la fête était si attrayant ! Il annonçait, chose nouvelle pour Marcillac, une grande cavalcade organisée par les jeunes gens de la localité ».

 

En cette Saint-Bourrou 1886 à huit heures du matin, quelques 200 vignerons, « portant crânement le large chapeau gaulois en feutre souple et la boutonnière ornée du luxuriant rameau de vignes aux jeunes grappes », sont déjà réunis sur la place de la mairie. Rapidement viennent les rejoindre : 150 enfants portant à leur boutonnière le bouquet de vignes traditionnel, la toute jeune Lyre Saint-Bourrou, dont c’est la première sortie, Monsieur le Maire et son conseil municipal, la fanfare de Decazeville.

 

Les vignerons, précédés des musiciens et des enfants, se rendent, conseil municipal en tête, bannière et drapeau national flottant au vent, à la messe de la paroisse. Les musiciens jouent une de leurs symphonies. Les vignerons assurent les chants de l’office et le rôle de servants d’autel. Après la messe, tout ce monde se dirige, en procession, à la chapelle de Foncourrieu où l’on chante, à nouveau, des chants religieux avant de partager, sur la pelouse, une agape fraternelle avec de belles fouaces odorantes, baralous et outres bien pleines pour remplir le « tassou, cette riche et patriarcale coupe en argent que chacun a emporté avec lui ».

 

Le cortège se reforme pour redescendre à Marcillac, aux accords nourris de la fanfare, puis se disperse sur le boulevard où l’Union Musicale assure l’animation.

 

A quinze heures, débute la grande cavalcade annoncée qui va remporter un immense succès. Le spectacle de 30 cavaliers, en brillants costumes François 1er, Charles IX, et Louis XIII, et montés sur des chevaux richement caparaçonnés, produit un effet saisissant. Les chars font l’admiration de tous. Celui des vignerons, de structure gigantesque, et celui de Bacchus, de forme originale, attirent tous les regards. Sur le premier, six vignerons, en costume traditionnel, représentent, en action, les divers genres de travaux que nécessite la culture de la vigne. Sur le second, Bacchus, assis sur un tonneau, la tête ornée d’une couronne de vigne, tient d’une main son thyse et de l’autre sa coupe. Il s’est adjoint deux fidèles serviteurs, chargés de lui verser à boire, sans négliger de se servir eux-mêmes. Suivent : l’arracheur de dents, aux gestes amples, et l’inévitable tambour de son groom à chapeau pointu ; les Pierrots, au costume original et au faciès enfariné ; Arlequin et ses espiègleries.

 

Monsieur le Maire et deux membres du conseil municipal suivent la cavalcade en calèche découverte. La participation des musiciens de Decazeville donne à la cavalcade un brio et un entrain qu’elle
n’aurait pas sans eux. »

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter