Retable de St Joseph en l’église de Marcillac

(extraits de « Inter-Vallon – n° 216 – mars 2013 – article signé Claire Delmas).

« … A Marcillac, une des chapelles nord (de l’église paroissiale) porte ce vocable (St Joseph) : l’autel de bois peint présente en son centre les lettres SJ, et il est surmonté d’un retable de boiseries sculptées, peintes et dorées, qui encadre une peinture sur toile portant le titre suivant, bien lisible dans sa partie basse : St Joseph à l’Agonie. L’oeuvre est datée de 1827, et signée DELMAS. On retrouve ce même nom, avec la même date, sur le tableau de l’Adoration du Sacré -Coeur, placé au mur nord, à la hauteur du maître-autel. Et c’est ce peintre qui, en 1834, signe la grande toile du Christ en Croix entre la Vierge et saint Jean, ornant le centre du monumental retable du choeur.

Jean-Baptiste DELMAS est un artiste ruthénois célèbre en son temps ; il est bien connu encore du nôtre par les nombreuses toiles réalisées pour les églises aveyronnaises entre 1824 et les environs de 1850. Ces peintures sont souvent toujours en place, mais malheureusement peu appréciées, parfois peu comprises du grand public.

… Le tableau de Marcillac présente donc une image déjà connue, celle de saint Joseph comme patron de la Bonne Mort. Assisté de son épouse Marie, en prière à son côté droit, alité, mais un peu redressé sur ses oreillers, l’agonisant a posé sa main droite sur son coeur ; son bras gauche est étendu, main ouverte, sur le drap, en direction de Jésus adulte, en un geste de remise de soi confiante et paisible. Jésus accueille l’âme de son père adoptif, les bras grands ouverts ; au-dessus de lui, tout en haut de la toile, dans une nuée lumineuse peuplée d’angelots, Dieu le Père se penche, bras ouverts lui aussi, pour un même accueil, tandis que la colombe du Saint-Esprit, ailes étendues, vole en direction du mourant. La figuration met ainsi en relation, avec bonheur et simplicité, les trois Personnes divines, et les trois personnes de la Sainte Famille, que saint François de Sales n’hésitait pas à appeler la « petite trinité en terre ».

Il y a quelques années, l’oeuvre fut vandalisée : on y découpa au cutter le visage de la Vierge ; un malheur sans doute pour un bien, puisque, grâce au talent de Mme Véronique ROQUES, et à la générosité de la paroisse, le tableau fut entièrement restauré. Nettoyée et allégée de l’épais vernis qui l’assombrissait, la toile, auparavant clouée sur le cadre, fut tendue sur un châssis neuf ; on incrusta un morceau de tissu de lin à la place de la découpe en soudant à la pointe chauffante les fils de la toile ancienne à ceux de la pièce neuve, assurant ainsi une planéité parfaite. Cette incrustation fut alors enduite d’un mélange de colle de peau et de blanc de Meudon, et de la peinture put intervenir, grâce au modèle d’une photographie ancienne . L’ensemble du retable et de l’autel fut également nettoyé, traité, et repris par la même restauratrice, avec l’aide des paroissiens qui installèrent l’échafaudage. M.OLIVIE, menuisier, se chargea de décrocher, puis de raccrocher le tableau, après l’avoir refixé dans son cadre.

Au cours du XIX° siècle, le culte de saint Joseph ne cessa de s’affirmer davantage. De nombreuses congrégations le prirent pour patron, à l’instar de celle des soeurs de Clairvaux (fondée par Marie BURGUIERE dès 1824) et de Marcillac en 1839″. …

Originally posted 2013-03-09 15:08:14. Republished by Blog Post Promoter