A PROPOS D’UNE FAMILLE MAZARS A MARCILLAC

Etymologiquement Mazars signifie “habitant d’un mas, d’une ferme”. Non loin de l’abbaye de Bonnecombe, au sud-ouest de Comps-Lagranville, se trouve, déjà au XI° siècle, un hameau nommé “Mazars” qui semble bien être le lieu d’origine de cette famille, laquelle a dû lui donner son nom.
En 1195, Guibert de Ségur cède la viguerie de Mazars.
En 1200 Pierre de Mazars fait cession d’une chape au monastère de Bonnecombe.
Pétronille de Golhs, fille de Bernard de Mazars, donne, en 1211, diverses propriétés à Géraud abbé de Bonnecombe.
Pierre de Mazars est, en 1278, copropriétaire de la tour de Comps (-la-Grand-Ville).
Raymond et Jean Mazars, du village de Recoules, paroisse de Lax et juridiction de Moyrazès obtiennent, en 1379, à raison des dangers de la guerre, la permission de construire une tour et un fort afin de pouvoir s’y retirer avec leurs familles et leur mobilier.
En 1383 Dorde Mazars du village de Recoules, nommé consul de Moyrazès par les consuls de l’année précédente refuse de prêter le serment d’usage et d’accepter la charge du consulat, bien que d’après les consuls, les prédécesseurs dudit Mazars eussent rempli cette charge et eussent contribué aux tailles et au guet de Moyrazès. L’évêque fait inhibition à ses officiers de Moyrazès de contraindre les tenanciers du village de Recoules à contribuer aux tailles de Moyrazès.
Nous trouvons, en 1483, un Mazars notaire à Moyrazès.
En 1555, Hugues de Mazars, marié à noble Françoise de Portales, est écuyer au fort d’Aubin. Il porte le titre de sieur d’Asquieu ou d’Esquieu, tout comme son fils Antoine de Mazars, marié à Rachel de Cellier, et établi à Abbas, en Rouergue. La chapelle de la Vierge, en l’église d’Abbas, servira pendant plusieurs générations de lieu de sépulture aux époux Mazars.
En 1610, par mariage, un Mazars s’allie aux Tournier, grand pagès à l’Hospitalet d’Abbas. Un autre épouse, en 1616, Jeanne de Cabrières, dont la mère, née Marie Roaldès de La Roaldie, appartient à une grande famille de juristes marcillacois.
En 1638, noble Jean de Mazars, sieur d’Asquieu, est fermier du domaine d’Is, près de Druelle, qui appartient aux abbés de Bonnecombe.
En 1649, Marguerite de Mazars, originaire de Marcillac, épouse Jacques de Morlhon, seigneur de La Barthe, qui avait tué en duel, en 1617, Pierre de Monloseur, du lieu de Lunac. Morlhon avait obtenu, en 1640, des lettres de grâce du roi, qui arrêtèrent les poursuites criminelles engagées contre lui.
En 1659, Jean de Mazars, bourgeois de Marcillac, et plusieurs autres, décident de rétablir la confraternité des pénitents blancs de Marcillac, fondée en 1604, et éteinte depuis de longues années suite au décès de la plupart des confrères. Mazars est le premier inscrit sur le rôle des pénitents. Il est secrétaire de la confraternité et l’un des principaux décideurs de la construction de la chapelle des pénitents érigée, dès l’année suivante.
En 1671, Jean de Mazars, seigneur d’Esquieu, épouse Christine de Podio Gloriande. Il est le fils de Jean de Mazars et de Jeanne de Cabrières.
En 1674 Jean Mazars, consul de Marcillac reçoit du gouverneur de Guyenne, ordre de fournir, au titre de la ville murée de Marcillac, cinq hommes, bien armés, jeunes et capables de bien servir à pied.
En 1681 noble Jean de Mazars, sieur Desquières, est élu premier consul de Marcillac sur ordre de Monseigneur le marquisd’Ambrès, lieutenant du Roi en Guyenne, pour l’année 1683. Cette élection n’ayant pas été faite avec liberté, a été cassée. Le sieur de Buisson a été élu premier consul à la place de Mazars.
En 1682, deux de ses soeurs, les demoiselles Catherine et Antoinette de Mazars, et une de ses cousines Antoinette de Fabrégou, toutes trois natives de Marcillac et tertiaires de Saint-Dominique, sous la conduite de leur oncle M. de Cabrières, curé du lieu, se retirent du monde pour mieux travailler à leur salut et au service du prochain. Elles fondent l’Association des soeurs du Travail et de la Croix, vouée à l’éducation chrétienne des jeunes filles de la paroisse et à la visite des malades. La petite communauté s’installe dans une grande maison limitée par la rue Droite et la rue Cornebariols, appartenant au curé de Cabrières. Ce sont les fondatrices du couvent de Marcillac. Catherine de Mazars est élue supérieure et, par voie d’élections successives le restera jusqu’en 1726.
Noble Jean de Mazars, père de deux de ces saintes femmes, meurt dans sa maison de Marcillac, après avoir confessé, le 13 octobre 1712. Il a été enseveli dans la chapelle du Rosaire de l’église de Marcillac.
Avant la Révolution, les Mazars avaient leur blason aux armes parlantes : “D’or à une maison de sable ouverte et ajourée du champ, girouettée de gueules” . La branche de Lagarde/Viaur arborait : “D’or à une main de sable”, (la main de justice).
Lors d’une restauration de l’église de Marcillac , dans le troisième quart du XX° siècle, sous le dallage du maître-autel, les terrassiers ont mis au jour une pierre sculptée qui, depuis, a été scellée sous le porche sud de l’église. Cette pierre représente trois fleurs de lys terrassant un lion entre, d’une part, un écu aux armes de Rodez et, d’autre part, fortement mis en valeur, un écu représentant les armes des Mazars de Lagarde.
Pour les spécialistes, cette sculpture symbolise la fin du moyen-âge, le lion d’Armagnac terrassé par les lys de France, la victoire du roi Louis XI sur le dernier grand seigneur féodal.
Pourquoi y trouve-t-on le blason des Mazars ?
Ceci reste une énigme d’autant plus grande que le blason des Mazars de Colombiès, si l’on en croit le cachet très détérioré d’une empreinte sur pièce écrite à Colombiès le 12 juin 1757, représente en pointe une fleur de lys.
Les Mazars sont nobles et leur noblesse est confirmée par un jugement rendu à Montauban par Le Gendre, le 7 juillet 1701, sur preuves remontant à 1555, qui les maintient sur les états de la noblesse. Parmi eux, il y eut des bourgeois, des notaires, des chirurgiens, des paysans, de nombreux prêtres, religieuses et religieux.
On ne peut passer sous silence l’abbé Martin Mazars, né à Colombiès, le 11 novembre 1759, décédé à Rodez le 27 septembre 1846, dont le coeur repose dans une des chapelles latérales de l’église Saint-Amans de Rodez dont il fut curé. Il fut aussi vicaire général de 1820 à 1846.
En l’an 3 de la République, Jean-François Mazars-Limayrac occupe la fonction de trésorier de la Société des Amis de la Liberté et de l’Egalité de Marcillac, ville dont il deviendra maire en l’an 13 (1806) et le restera jusqu’en 1830. Le 20 octobre 1814, par courrier, le Grand-Maître des Cérémonies de France l’informait que sa Majesté, pleine de confiance dans sa fidélité et dans son dévouement à sa personne l’autorisait à porter la décoration du Lys.
Une branche des Mazars de l’Hospitalet d’Abbas a donné pendant plusieurs générations des maîtres-maçons qui ont créé de belles entreprises qui ont employé, parfois, plusieurs dizaines de salariés. Celle de Louis-Etienne Mazars de Clairvaux était spécialisée dans la construction d’écoles et d’églises. Parmi ses réalisations nous comptons notamment la construction de la chapelle de Notre-Dame du Buenne et la belle chapelle du couvent de Clairvaux. L’un de ses fils, Louis Mazars, maître-maçon, fut maire de Clairvaux de 1949 à 1953. A la génération suivante, Gaston Mazars, maître-maçon également, construisit le temple protestant de Rodez.
Aujourd’hui nous pouvons compter six ou sept familles à Marcillac qui descendent des Mazars mais plus aucune n’en porte le nom.

Originally posted 2013-01-08 12:54:55. Republished by Blog Post Promoter