Saint Jean-Le-Froid

C’est à Saint-Jean-le-Froid
Qu’a resurgi ma foi.

L’humble chapelle coiffe un mont
Qu’on voit de tous les horizons.
Pourtant toujours mes promenades
Avaient dédaigné l’escalade.
Il a fallu que des enfants
Me demandent obstinément
De les conduire à cette messe
Pour que mon ignorance cesse.

Tous les paysans des alentours
Sont venus sanctifier ce jour
S’entassant devant la Table.
Moutons en la bonne étable.
Il faut avoir vu leur ferveur
A psalmodier vers le Seigneur.
Leurs cantiques résonnent faux,
Mais sont aimés par le Très Haut.
Comme autrefois vers Compostelle,
Ils sont venus vers la Chapelle.
Ils ont gravi la rude pente
Qui leur vaudra de pieuses rentes.

 Mais après la fête chrétienne
Il y a la fête païenne.
Ils vont sur l’herbe fluette
Et sortent de leurs musettes
De longues saucisses sèches
Qu’ils arrosent d’un vin rèche.
Le Rouergat se sent heureux
Sous son bérêt, sous le ciel bleu.
S’élèvent alors des ritournelles
Chants d’amour à des pastourelles.
Le vent les chuchote aux guérets,
Jusqu’au breuil va les colporter.

Et la vieille terre rude
Oublie sa grande solitude.
La chaumière dans la ravine
Semble redevenir gamine.
Les survivants de la Province
Ont fait allégence au Prince.
Il leur reste des souvenirs
Et le sentier pour revenir.

C’est à Saint-Jean-le-Froid
Qu’a resurgi ma foi.

 

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter

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