La peste

L’hôpital de la Madeleine, près de Combret, accueille déjà des lépreux au XIII° siècle. Une maladrerie existe aussi à Marcillac. Ce n’est pas sans besoin quand on sait qu’en 1348 la peste décime la population.

Cette maladie sévit à Rodez, en 1458, tandis que Marcillac en réchappe. Les consuls ruthénois soumettent au conseil de leur ville une proposition qui leur a été faite de vouer leur ville « a Madona Santa Anna laqual en gran cop de partz coma a Marsilhac et autres lox avie fach grand cop de miracles evidens sus la empedemia de la bossa ». (A Madone Sainte-Anne laquelle de nombreuses fois, comme à Marcillac et autres lieux avait fait beaucoup de miracles évidents sur l’épidémie de peste).

En 1475-1483, cette maladie décime la population du comté. Cette fois le Vallon n’y échappe pas. Les sculptures de l’une des faces de la nouvelle croix érigée, en 1987, sur la placette devant l’église de Saint-Austremoine, nous rappellent le souvenir de ce terrible fléau.

Rodez est à nouveau atteint en 1502. C’est pourquoi les réunions communales et celles générales des deux communautés du chef-lieu se tiennent à Cougousse, à Marcillac et ailleurs.

La maladie atteint bientôt le Vallon. Elle frappe fortement à Saint-Austremoine et à Salles-Comtaux en 1507 ; 1517 et 1521. Marcillac est l’une des villes du Rouergue le plus fortement touchées en août 1515.

On y garde les portes et on fait sortir les porcs de la ville, en novembre 1524, lors d’une nouvelle épidémie.

En juillet 1531, les habitants de Rodez quittent leur ville pour cause de peste. La réunion générale des deux communautés ruthénoises se tient le 2 août dans l’église de Marcillac.

Transportée dans les bagages de l’armée de Joyeuse, l’épidémie de 1586 fait plusieurs milliers de morts dans le comté du mois de septembre 1586 à l’automne de l’année suivante. Selon Raymond d’Austruy (bourgeois et marchand de Rodez 1576-1624), dans la seule ville de Rodez quatre mille personnes auraient péri. « …en garissoit plusieurs mès garissoient beaucoup plus de fames que d’homes » écrit-il. Il relate le décès de l’apothicaire Antoine Bernard, oncle de sa femme, « a sa meson de Cruou, et, environ 3 semaines auparavant,
estoit morte de mesme sa femme enceinte de 8 mois et une de leur filhe, environ 6 jours avant le pere ».

Une terrible épidémie de peste s’abat sur Villefranche de Rouergue, en 1628. Huit mille Villefranchois périssent de cette maladie qui ne tarde pas à se propager aussi vers Marcillac, Gradels, Salles, Conques et Villecomtal.

La ville de Rodez est à nouveau frappée en 1630. Les notables la fuient et viennent se réfugier dans les maisons de vignes qu’ils possèdent dans le Vallon. L’assemblée générale de la ville de Rodez se tient à Cougousse.

La peste vient à bout de la confrérie des Pénitents blancs de Marcillac fondée vers 1600. Celle-ci « par le décès de la plupart des confrères a été négligée et tout à fait éteinte depuis longues années » lorsque, en 1659, quarante-quatre Marcillacois décident de la rétablir et projettent la construction d’une chapelle. Ils se serviront de la tour, dite « lanterne des morts », érigée pendant ces épidémies dans le cimetière jouxtant l’église, pour servir de clocher à leur sanctuaire. 

 


Originally posted 2014-06-25 06:00:22. Republished by Blog Post Promoter

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