MAISONS DE VIGNE, RESIDENCES D’ETE

Maison de vigne

Maison de vigne typique dans le Vallon de Marcillac

oOo

(Extraits de « Les châteaux de l’Aveyron » de Raymond Noël ; Tome III ; Editions Subervie – Rodez – 1978)

« Les maisons de vignes, situées dans les vallons viticoles, constituaient la résidence d’été des riches familles de la ville et des ordres religieux. C’est à l’époque des vendanges qu’ecclésiastiques, notables et gentilhommes y prenaient leurs quartiers. Le père de l’historien Monteil possédait dans le vallon de Grandcombe un domaine de vignes et comptait parmi ses voisins les Pères chartreux de Rodez, propriétaires eux aussi d’un gros vignoble. Ces séjours, à une époque clémente de l’année, étaient très prisés par les classes sociales qui pouvaient en profiter ; c’était une coutume suivie avec assiduité. Même sous la Révolution, après la vente de son vignoble, le procureur des Chartreux de Rodez vint, en 1792, participer aux vendanges chez Monteil. Désirant chasser, il confectionna des cartouches, ce qui ayant été vu par les vendangeurs, faillit déclencher une émeute populaire dans le vallon de Grandcombe. Le père de Monteil sera d’ailleurs arrêté l’année suivante en 1793, durant les vendanges et reclus à Rodez.

C’est dans la région de Marcillac qu’était concentrée la plus forte densité de maisons de vignes : les vallées de Grandcombe et du Cruou en étaient parsemées ; aux alentours, les autres maisons de vignes étaient disséminées dans chaque paroisse. Certains villages constituaient des pôles d’attraction : près de Valady, c’était Christopholis ; dans la vallée du Créneau, le village de Cougousse ; à Gradels, il y avait de nombreuses demeures bourgeoises avec parfois leur chapelle domestique, comme dans la maison Dejean, au XVIII° siècle. En 1696, on dénombrait à Marcillac 223 familles sans compter 44 maisons appartenant à des habitants de Rodez qui n’y habitaient que pour les vendanges.

L’un des plus vieux domaines de vignes était la grange de Bougaunes qui appartenait à l’abbaye de Bonnecombe ; de vieux murs et des caves subsistent encore ; la première donation date de 1181 ; la grange était constituée dès 1220.

Une dominante architecturale peut encore être observée  sur les demeures de cette région ; c’est la présence d’une tour polygonale ; nous l’avons rencontrée dans les maisons Campergue, Gleye, Hot, pour la vallée du Cruou ; au manoir de Curlande et à la maison Vergnes pour la vallée de Grandcombe.

Dans certains cas, c’est une tour ronde, qui lie deux corps de logis dans le prolongement l’un de l’autre, ou légèrement en potence, comme à la maison Cazor.

Certains artifices architecturaux, généralement peu répandus, ont été utilisés ; nous avons en effet rencontré deux cas de tourelles posées sur trompe : une tourelle ronde à Gradels et une tourelle carrée à Versailles, dans la vallée du Cruou.

Certaines de ces demeures étaient de véritables petits manoirs aux dimensions humaines  : Versailles, avec son architecture du XVII° siècle a disparu, mais Curlande, Montfranc (Cne de Clairvaux) et l’Hospital avec sa tour ronde et ses fenêtres à meneaux garnies de leurs grilles, subsistent ; comme son nom l’indique, c’était la maison de vignes de l’hôpital de Rodez.

L’évêque de Rodez aussi avait sa demeure à Grandcombe, probablement l’actuel Evescat ; il avait vendu, vers 1720, la seigneurie de Sainte-Eulalie-d’Olt aux de Curières pour acheter ce vignoble. La Vernhe, par sa situation et son allure champêtre était certainement la demeure la plus accueillante de ces vallons.

De nos jours, ces maisons de vignes ont retrtouvé en partie leur rôle de résidences secondaires. Près de la moitié des demeures bordant les routes des vallées du Cruou et de Grandcombe sont devenues la propriété de citadins qui les ont restaurées. Le manoir du Cruou a été reconstruit vers 1880 et dans le style de cette époque. »

Originally posted 2013-01-26 09:36:41. Republished by Blog Post Promoter

9b4e2088ed262dca6f31c415249621fb//////////////////////////////