Maisonnettes de vigne

Mais le promeneur curieux a vite fait de découvrir, dans ce damier quasi vertical de vieilles vignes, de petites maisonnettes semées ici et là. Et quand il s’approche d’elles, il se rend compte que toutes sont différentes malgré leurs points communs. Ce ne sont pas des maisons à vivre, mais pour abriter les outils. Elles furent bâties en murs de pierres sèches et recouvertes de lauzes.

La maisonnette se trouve en haut de la parcelle car porter l’eau est moins pesant en descendant. Quelque fois elle est ombragée d’un figuier ou d’un pêcher. Dans les travers où il y a une source ou un puits, comme près du causse, les lauzes sont remplacées par des brassées de sarments bien serrés qui protègent de la pluie et qui sont changées tous les ans. Celles qui ont une charpente sont étonnantes, pour certaines les poutres sont aussi belles que pour une véritable maison. Pour d’autres ce sont seulement des troncs droits de petits chênes avec leur écorce. Pour d’autres encore ce sont des poutres de récupération avec des trous, des inscriptions, des clous ou des entailles, qui ici sont inutiles. Si le vigneron n’avait pas trouvé assez de pierres quand il dépierrait sa vigne pour bâtir les murs assez hauts alors il les complétait avec des planches jusqu’au toit. Chacun essayait
de s’arranger à moindre coût et les idées ne manquaient pas.

Quel péché que, petit à petit, ces maisonnettes soient abandonnées, s’effritent jusqu’à la ruine, faute d’entretien. Elles constituent une part de notre patrimoine architectural, portent témoignage du travail et de l’imagination des habitants de cette contrée, de leur âme et de la spécificité d’un temps passé. »

 

                              
(extrait de « Ostalons de vinha » – de Brigitte Féral)

 

 

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter

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