L’usine de Marcillac (survol historique à travers la presse).

(Extrait de « La Dépêche du Midi »  – 1962) : « MANUVAL – ou plus exactement la « Manufacture du Vallon » – filiale de la CEPRO de Rodez, vient donc d’ouvrir ses portes : comme prévu, elle traitera pour la maison mère de Rodez la matière plastique provenant de Grande-Bretagne, d’Italie ou tout simplement de France. C’est ce plastique qui sera utilisé par la suite par Cantaranne. Pourtant, Manuval ne traitera pas seulement la matière première ; déjà, les chaînes de montage d’appareillage électrique ont été transférées à Marcillac et le reste de l’usine sera occupé aussi par des ateliers de décolletage de précision. C’est là un magnifique ensemble d’une superficie de 3 800 mètres carrés, où sont d’ores et déjà occupés quatre-vingt-dix personnes (autant de personnel masculin que de personnel féminin, équipes d’entretien comprises). Il n’aura fallu que huit mois pour créer cet ensemble, ce qui est peu si l’on tient compte du mauvais temps qui n’autorisa le démarrage réel que le 1er février 1961. La dernière opération s’est effectuée pendant la semaine du 7 au 13 août : elle consistait à déplacer de Rodez à Marcillac des machines pesant huit tonnes, travail infiniment délicat dont s’acquitta avec maîtrise l’entreprise Calmels de Muret. C’est donc là un très beau départ, et il n’est pas hasardeux de dire que tous les atouts ont été réunis pour une réussite totale et exceptionnelle. Il faut ainsi signaler que la surface utilisée peut être doublée, dès que le besoin s’en fera sentir (ce qui ne tardera pas, puisque l’on assiste déjà à un début d’extension…) ; que la puissance installée est de 800 KVA et que fin juillet 1962 l’usine doit avoir son effectif total, soit 220 personnes. Ce rapide tour d’horizon ne serait pas complet si nous ne mentionnons la mise en chantier, à Marcillac même, de onze logements, dont les travaux sont déjà commencés et qui seront livrés en juin  1962. Cette construction sera le pivot, si l’on peut dire, de la nouvelle zone d’habitation qu’entendent réaliser M. Auzel, maire de Marcillac, et son conseil municipal ; déjà, d’ailleurs, les travaux d’aménagement ont commencé. … »

 

Extrait de « Marcillac au fil des siècles » – Jean Olivié – Editions du Beffroi – Millau – 1998. :  « Au début de l’année 1973, Manuval emploie 350 personnes. En vue d’une extension sur la rive droite du Créneau, elle fait construire un pont pour relier les deux rives. Le groupe Labinal prévoit de plus que doubler la surface de l’usine pour y amener une nouvelle fabrication ». (Il s’agissait d’y transférer la  production des ralentisseurs TELMA réalisés dans une autre usine du groupe).  « La construction des bâtiments d’usine de la rive droite commence en février 1974. Les effectifs atteignent 415 salariés. « En fin d’année, la crise pétrolière frappe MANUVAL qui doit réduire ses horaires hebdomadaires de 43 h 30 à 40 h 00 puis à 37 h 30. Trente-et-un salariés sont licenciés en novembre. L’usine ferme ses portes pendant quinze jours après Noël. « Fin avril 1975, les ouvriers et ouvrières déclenchent une grève pour obtenir une augmentation de salaire et la signature d’une convention collective. Le 16 mai, n’ayant pas eu satisfaction, ils séquestrent dans son bureau le directeur, Roger Lavergne et sa secrétaire, Mme Gabriac. Sur l’intervention des autorités locales et du Docteur Périé, conseiller général du canton, ils les libèrent, avant minuit, et occupent l’usine. Ils organisent des défilés dans les rues de la ville notamment l’après-midi du 19 mai, jour de la Saint-Bourrou. Le climat social devient très tendu. La direction du groupe Labinal fait arrêter les travaux d’extension de l’usine et décide de vendre le nouveau bâtiment et le terrain de la rive droite.  « Manuval change de nom en 1976 pour devenir PURFLUX. Le siège social n’est plus à Marcillac mais à Clichy (Hauts-de-Seine). On change l’enseigne. … Fin 1976, les effectifs ont chuté à 325. Le personnel travaille en deux équipes par roulement : de 5 h à 13 h 30 et de13 h 30 à 22 h 00. Il vient surtout de la région du Bassin Houiller, un peu de Rodez, une centaine sont des environs de Marcillac et du Vallon ».

 

(Grand « A » n° 1 – mars 1991 – Trimestriel du département de l’Aveyron) : « Avez-vous un « PURFLUX » dans votre moteur ? Certainement, puisque « Purflux » est la marque n° 1  du filtre à huile français… Mais saviez-vous que ces mêmes filtres à huile sont fabriqués depuis 20 ans dans l’Aveyron, à Marcillac exactement ? A l’origine de cette implantation, Pierre Bessière, né à Marcillac, et qui est resté de longues années PDG de la sociétét a exploité un brevet exclusif concernant le pliage du filtre, assurant ainsi la renommée des filtres à huile Purflux. Aujourd’hui, quelques 330 salariés travaillent quotidiennement dans l’usine de Marcillac. …

 

( « Centre-Presse » du 16 janvier 2002,  – Extrait d’une réponse de Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, lors de sa visite en Aveyron, à un journaliste de Centre-Presse) : « FILTRAUTO à Marcillac, c’est quatre patrons successifs en 18 mois. Le 2 mai 2000 les salariés apprennent par internet la cession du groupe Labinal, auquel était rattaché l’entreprise, d’abord à la SNECMA, du secteur de l’aviation, puis sa rétrocession à VALEO, du secteur automobile. Tous ces gens-là « font leur marché ». VALEO ne visait qu’à faire main basse sur la partie cablage représentée par le groupe SYLEA, la filtration n’étant qu’une partie du lot, comme dans une vente aux enchères… 15 jours après le rachat, le PDG de VALEO annonce à ses actionnaires qu’il envisage la vente de FILTRAUTO pour redresser la situation de son groupe ! C’est reparti pour un tour et pour un an jusqu’à la reprise par la SOGEFI le 31 octobre 2001… »

(Extrait de « Midi-Libre » du 18 septembre 2011) :  « Cinquante ans, çà se fête ! A Marcillac, justement, l’usine FILTRAUTO qui célèbre, cette année, un demi-siècle d’activité industrielle choisissait, hier, de marquer l’événement d’une pierre blanche. Toute la journée durant, et pour la première fois de l’histoire du site appartenant aujourd’hui au groupe italien SOGEFI, elle ouvrait les portes de ses ateliers. … Dès 9 h 30, les premiers invités arrivaient et découvraient les grandes étapes du site, relatés au travers d’une exposition. Dans une autre salle, quelques produits finis, sortis des chaînes de fabrication, étaient présentés. Une belle occasion pour détailler la liste impressionnante des clients de l’usine marcillacoise. Certes sa marque propre est  « PURFLUX » mais les filtres à huile sont aussi réalisés pour des constructeurs tels que Manitou, Suzuki, Volvo, etc. Voire d’autres noms prestigieux, à l’image de Ferrari et Maserati !… A chaque atelier, un technicien était d’ailleurs présent pour apporter toutes les explications nécessaires. Surtout, en ce jour de la semaine où elle est généralement fermée, les visiteurs pouvaient voir l’usine s’animer.  » Une ligne de production est activée pour présenter l’ensemble du processus de fabrication d’un filtre », expliquait Eric Gondouin. »

 

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter

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