Les tours de la ville de Marcillac (au temps de Louis XIV)

LA TOUR CORNEBARIOLS

Cette tour donne accès au pont de Cornebariols situé sur le ruisseau de Créneau. Elle comprend une loge qui peut servir de prison et un corps de garde.

Au cours des années 1675 et 1676, les consuls font réparer par François Isard, maçon, et par Antoine Campanhac, forgeron, le gabion de Cornebariols qui menaçait ruine. Isard fait également des travaux d’entretien aux ponts de Cornebariols et d’Ady.

En 1694, Mommèje, premier consul, fait fermer une porte de la tour servant de prison.

Il faut, en 1750 remettre une pierre au pont de Cornebariols.

 

LA TOUR BAYSSETTES (située au bas de la rue Droite)

Elle est intégrée au pont de même nom sur le ruisseau de Cruou. Elle possède un corps de garde, avec une loge à l’étage bas, et un escalier qui monte jusqu’à l’horloge de la ville située au sommet.

En 1672 Gaspard Calvet est chargé d’accommoder l’horloge pour 14 livres l’année. On fait réparer l’escalier de la tour pour monter à l’horloge. Frère Joseph, religieux Augustin, remet celle-ci en état.

Par ordre de Monseigneur de Rodez, le 3 juillet, “il fut fait feu de joie à Pont Vayssettes… et de même… autre feu de joie à la porte de Malbens avec des fusiliers au nombre de dix-huit”.

Les murailles du corps de garde et de la loge, portées en ruine, sont relevées et la couverture du corps de garde refaite, en 1674.

Raynal, maçon, répare les marches et la muraille du Pont Bayssettes, en 1675.

Le gabion de Pontbaysse qui menaçait ruine et une partie de la muraille qui regarde vers le faubourg, tombée à cause de la ruine de la maison des héritiers François et Guilhaume Dolières, sont réparés, en 1676.

Deux charrettes de tuile de sélizet sont nécessaires à Causse, couvreur, pour réparer, en 1680, le toit de la tour de l’horloge.

En septembre 1682 les consuls dépensent “…la valeur de vingt-cinq livres de poudre qu’ils distribuèrent aux compagnies de fusiliers qui faisaient le nombre de deux cents et plus pour faire plusieurs décharges de leurs mousquets et fusils et pistolets à la porte de l’Eglise de Marcillac après que le Te Deum Laudamus y fut chanté pour la naissance du seigneur de Bourgogne, autour d’un feu de joie dressé au sol de la porte de ville du Pont Bayssettes, à la place publique et autres endroits”.

Le consul Ferrier fait, en 1691, accommoder et relever le canal où passe l’eau du fossé du Pont Bayssettes.

Jean Soulié répare, en 1695, le carillon de l’horloge.

En 1703, on fait venir un maître horloger d’Estaing pour réparer l’horloge.

En 1711, Anthoine Soleil, consul en second, fait descendre la tuile du corps de garde du Pont Vayssettes et la fait porter chez les demoiselles soeurs de l’Union. Il  fait également nettoyer la petite arcade dudit pont qui était toute comble.

En 1718, le Sieur Camboulas, consul, afferme “l’étage bas de la tour de l’horloge à Bertrand Nègre, pour la somme de 5 livres et parce que le degré de ladite tour pour monter à ladite horloge a besoin de réparation, aussi bien que la fenêtre de la cabine de ladite horloge” ledit Camboulas, après délibération de l’assemblée fait “réparer le degré et ladite fenêtre au moyen des 5 L. du prix de l’afferme”.

La chronique rapporte également que le 26 mai 1681 la communauté décide de porter plainte contre André Vidal, vigneron, qui avait enlevé un gros gond, pesant neuf ou dix livres, de la porte de la ville de Pontbayssettes. Il l’avait apporté à Guillaume Goudal, forgeron des faubourgs, pour faire un fessou. Averti par quelques habitants, Latornerie, consul, porte plainte auprès du Sénéchal de Rodez contre “Vidal et contre tous les autres qui pouvaient avoir enlevé des ferrures des portes de la ville et des pierres des murailles et des fossés de la ville…”. 

Le décret de prise de corps arrive le 5 septembre 1681 et le consul fait “les dernières diligences pour faire capturer  ledit Vidal…”.

C’est au Pont Vayssettes qu’étaient dressées les fourches patibulaires. Un larron, pris en flagrant délit de vol à Marcillac, y fut pendu le 27 septembre 1754.

 

LA TOUR DU CAP DE VILLE

A l’autre bout de la rue Droite, la tour du Cap de Ville possède un corps de garde et porte une cloche. Elle est munie d’un pont-leveur. Cette situation implique la présence d’un fossé entourant les murailles sur cette partie de l’enceinte.

En 1672 Guilhaume Delaure, charpentier, refait à neuf le pont-leveur et le cadre de l’horloge du Cap de Ville. Jean Rous fait des murailles pour soutenir ce pont-leveur et Campanhac en fabrique les clous.

Les murs du corps de garde sont réparés et sa couverture refaite en 1674.

Raynal répare la muraille du bout de la ville en 1675.

En 1677 la tour del cap de ville menaçant ruine, la cloche qu’elle possédait fut descendue.

Le consul Ferrier fait procéder, en 1683, à des réparations de la porte et de la loge par François Izarn, maçon.

En 1705, le consul Picou, paie à Campanhac une livraison de fer pour la porte du bout de la ville.

En 1781, les pierres de la tour, qui a été précédemment démolie jusqu’à l’arceau de la porte, sont vendues à Monsieur de Cabrières, lequel s’engage à achever la démolition à ses frais et dépens, et à faire construire deux piliers à la porte du bout de la ville, conformément à un plan qu’il a fait faire et qui a été adopté par le conseil de communauté.

 

LA TOUR DEL MAS

La porte Del Mas débouche sur le pont Del Mas qui enjambe le Créneau et donne accés au moulin du Comte et au chemin qui, le long de la rive gauche du ruisseau Créneau, conduit à Cougousse et se poursuit jusqu’à Rodez. C’était généralement la route empruntée pour aller à cette ville depuis Marcillac en passant par Souyri et Onet-le-Château.

La rue Del Mas partait perpendiculairement de la rue Vieille puis tournait à angle droit, devant la Tour Del Mas, pour se diriger vers le cimetière qui se situait derrière l’Eglise, et le longeait pour rejoindre la place du Centre.

Le 21 octobre 1781, Monsieur de Cabrières, intendant particulier au Sénéchal de Rodez, propose à l’assemblée de Communauté de Marcillac convoquée par Pierre Agar, premier consul, “de prendre toute la pierre de la porte du Bout de la ville et celle du Comte, près le moulin, avec les dépendances et appartenances qui sont les escaliers, les fondations et les différents mâts qui soutiennent ou étayent les tours situées au-dessus desdites deux portes qui ont été précédemment démolies jusqu’à l’arceau, qu’il offre d’être achevée ladite démolition à ses frais et dépens plus de construire deux piliers à la porte du bout de la ville conformément au plan qu’il en a fait faire, et de laisser substituer les deux anciens piliers simples de la porte du Comte en les faisant néanmoins rehausser et couronner pour empêcher la pluie d’y pénétrer ; que ledit sieur Cabrières offre de plus donner et compter à la communauté une somme de cent livres une fois payée, sur quoi, vu le plan remis par ledit sieur Cabrières, duquel il en résulte un embellissement pour la ville et un avantage pour la communauté qui pourra faire réparer l’église qui menace au moyen de ladite somme de 100 L. … il a été unanimement délibéré et d’accepter les propositions dudit sieur Cabrières…”

Il est vraisemblable que les pierres des anciennes tours du Cap de Ville et del Mas, acquises par le sieur Cabrières, ont  servi à construire la belle maison de Gaspard de Cabrières transformée aujourd’hui en maison de retraite du Vallon.

 

LA PORTE DE MALBENS

Cette porte ne comporte pas de tour. Elle donne accès au pont de Malbens situé sur le Cruou.

La rue de Malbens relie la rue Droite à la porte de Malbens. Par la porte  et le pont de Malbens, on accède au faubourg de Marcilhac où, sur la droite, se situe l’Hôtel-Dieu ou hôpital. Le chemin qui traverse le faubourg conduit à Solsac et de là à Rodez.

François Izard, maçon de Marcilhac, répare une partie de muraille de la porte de Malbens en 1675. En 1691 il répare une partie de la muraille et du trottoir du pont de Malbens emportée par une crue du Cruou.

Le 3 juillet 1672 “fut fait feu de joie à Pont Vayssettes… et … à la porte de Malbens avec des fusiliers au nombre de dix-huit, pour le souper desquels fut payé  1 L. 10 S. L’achat du bois nécessaire se monta d’un côté à 1 L. 10 S. et de l’autre à 2 L.”

François Isar répare, en 1676, les croix de pierre dites de la Courette et de Malbens situées sur les routes de Foncourieu et de Malviès.

En 1709 Pierre Lissorgue, consul, paie au sieur Agar, aubergiste 15 S. de pain et de vin pris pour les manoeuvres qui pavent le pont de Malbens.

En 1711, Soleil, consul, fait “changer l’eau dudit Malbens qui passait tout proche de la croix dudit Malbens et lui avait une grande crue et même allait l’emporter, plus ladite eau avait gagné le dessous le pont tout proche de l’hôpital dudit Marcilhac.”

Une crue du Cruou renverse, en mai 1712, la grande croix de pierre de la place et emporte le petit pont “auprès de la porte de la ville pour y entrer, qui faillit être submergée ayant sapé les fondements de quelques maisons et gâté  les caves qui sont encore remplies d’eau et de boue…”

Des travaux sont effectués, en 1750, au pont de Malbens. “L’eau de la rivière du Cruou étant détournée ne passe plus dans son lit ordinaire qui tend directement sous l’arcade dudit pont et par ce moyen, l’eau coulant rapidement contre un des bords de l’arcade dudit pont il en a démoli quatre pans de muraille du fondement.”

La même année “pour rendre la muraille du parapet qui soutient le pont plus solide, il faut retailler le lieu de la fontaine qui est dans le fossé afin de faire monter l’eau de ladite fontaine et la faire couler de quatre pans de hauteur au-dessus du fossé afin que l’eau coulant plus facilement, ayant plus de pente, ne puisse plus corrompre ni gâter le fondement de ladite muraille et, en ce faisant, il convient en même temps de hausser le lavoir de ladite fontaine et de le remettre devers et par le long et d’y construire une petite muraille couverte de longues pierres pour laver le linge, de chaque côté, de douze pans de longueur après avoir remis le pavé dudit lavoir…” ; “…la pierre se trouve à part donnée et doit se prendre des murailles qui n’ont pas été démolies.”

Originally posted 2014-06-24 18:02:25. Republished by Blog Post Promoter