Les vieux cimetières de Marcillac

Cimetière du Giroutou.

Un extrait du registre des arrêtés du Conseil de Préfecture de l’Aveyron, daté du 26 novembre 1864, concernant l’escalier de la maison Tardieu Joseph, au Giroutou, ultérieurement maison Douziech, affirme que cet escalier formait la clôture d’un vieux cimetière démoli depuis environ 50 ans, ce qui rapporte cette démolition vers 1814. Comme, avant de le démolir on a dû le désaffecter et cesser d’y enterrer au moins une dizaine d’années auparavant, il est à peu près certain que ce cimetière a été désaffecté au début  du dix-neuvième siècle, vers 1800 ou 1804.  A quelle époque reculée l’avait-on établi ? C’est très difficile à savoir.

Le bulletin paroissial “La Reine du Vallon” du mois de février 1933, sous le titre “Découverte sensationnelle” nous apporte un complément d’informations :

“En creusant la canalisation de l’eau et des égoûts dans le Giroutou, les ouvriers soulevèrent de nombreux ossements  humains, et rencontrèrent même des squielettes entiers. On trouvait donc l’emplacement d’un ancien cimetière qui allait de la pompe actuelle du Giroutou à l’escalier de la maison de M. Douziech. On savait bien qu’avant le cimetière actuel sur la route de Foncourrieu, le cimetière paroissial se trouvait près de l’église du côté des Pénitents, mais on ne soupçonnait pas qu’il y en eût eu un autre du côté du Giroutou. Ce dernier doit donc être plus ancien et peut-être remonte aux origines même  de la paroisse, car  autrefois, universellement, les cimetières entouraient les églises.

Certaines tombes paraissaient dénoter qu’on ensevelissait les corps sans cercueil, les déposant à même la terre ou dans un lit de pierres plates juxtaposées, et les recouvrant de deux rangées de larges dalles grossières relevées sur le milieu et formant, au-dessus du cadavre, une sorte de toit à deux versants, comme pour que la terre ne l’écrase pas. Plusieurs de ces squelettes soulevés étaient bien peu profonds, à quelques centimètres au-dessous du pavé, ce qui prouve qu’après avoir désaffecté le cimetière on a dû enlever une couche de terre pour baisser et niveler le terrain.

Jusqu’où s’étendait ce cimetière du côté des maisons et sous les constructions actuelles ? Rien ne peut l’indiquer. Par respect pour ces ossements, M. le Maire ordonna de les recueillir et de les ensevelir au cimetière nouveau”.

 

Cimetière de la place des Pénitents.

Le cimetière du côté des “Pénitents” a été conservé plus longtemps. Il a été transféré dans l’actuel cimetière en 1847 et démoli vers 1850. Il s’y trouvait un petit et très ancien oratoire  qui mesurait quinze pans en carré.  En juin 1709 celui-ci était en état de ruine. La communauté décida, alors, d’en refaire le couvert à neuf.  Une pierre sculptée en a probablement été conservée que l’on peut voir, depuis la place, dans le mur du jardin du presbytère, derrière la croix hosannière. A la suite des épidémies de peste qui dévastèrent la population française de 1559 à 1660, des  “lanternes des morts” se construisirent au XVII° siècle. Marcillac érigea la sienne, dans ce cimetière. Une lampe allumée était hissée à l’aide d’une poulie jusqu’au niveau supérieur où des ouvertures étaient orientées aux quatre points cardinaux. Ce fanal était destiné à accompagner la prière pour les défunts et à éloigner les mauvais esprits. Quelques décennies plus tard la lanterne des morts servit de clocher pour la chapelle que fit ériger notre confrérie de pénitents. Les révolutionnaires firent abattre ce clocher jusqu’au niveau de la tribune de la chapelle. La tourmente passée les pénitents le firent remonter de plus belle manière. En 1854 le presbytère fut construit sur cet ancien cimetière.

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter