Les Romains

Dans ce même blog, l’article intitulé « Découverte archéologique faite en l’an 1878 » rappelle les trouvailles romaines faites par l’abbé Cérès, sur le site même de Marcillac. Il nous semble intéressant de rapporter aussi les découvertes majeures que ce célèbre archéologue a faites, dans notre canton à la  périphérie de la commune de Marcillac.

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Fragment de mosaïque du temple romain de Cadayrac – (Musée Fenaille – Rodez)

A Cadayrac, il a découvert les vestiges d’un temple. Celui-ci comporte une petite cella rectangulaire de 6,70 m sur 4,60 m entourée d’une galerie de 2,60 m de largeur et précédée d’un vestibule de 5,70 m de longueur auquel on accédait par un large escalier de 3 ou 4 marches. Un mur de 0,50 m d’épaisseur, formant un vaste carré irrégulier, entourait le temple. Le sol de la cella, du vestibule et des galeries était pavé de mosaïques. Des traces de peintures sur stuc ont été relevées sur les murs intérieurs de la cellla. On a découvert dans les décombres des fûts de colonne, des châpiteaux doriques, les fragments d’une cuve de grès, une grosse pierre à moulures que l’abbé Cérès a considéré comme un piédestal,  des antéfixes, des débris de poteries, d’amphores et de fioles en verre et une vingtaine de monnaies qui s’échelonnent du règne d’Auguste à celui de Gordien III. Les trouvailles n’ont pas permis d’identifier la divinité qui était vénérée dans le temple.

A 300 mètres au sud-ouest du temple, on trouve les vestiges d’un petit théâtre aménagé  dans une dépression naturelle. Il s’agit de deux fortes murailles concentriques à parements réguliers et solidement bâties au mortier (longueur du mur extérieur 120 m, rayon de l’enceinte 40 m). L’abbé Cérès et le lieutenant Bordier ont dégagé l’angle sud de l’édifice dont le revêtement extérieur est fait de petits moëllons de grès rouge. Ils ont dénombré onze gradins composés de pierres plates posées de champ (les pierres qui formaient les sièges ont disparu).

A 500 mètres au sud du temple on peut voir les fondations d’un édifice (habitat probablement) de 18 m de long sur 14,50 m de large, composé de trois pièces sommairement explorées par l’abbé Cérès en 1863. On y a trouvé des tegulae, des débris de poteries sigillées, des fragments d’amphores et des lampes, des clous, des débris de colonnes, une fibule en bronze argenté, trois petites anses en bronze argenté dont une ornée d’une tête de levrier, une amulette émaillée, des  monnaies, des valves d’huitres, des ossements de boeuf, de mouton, de chèvre et de sanglier, du minerai d’argent, du sulfate de fer, et une grande quantité de cendres.

Non loin de là, on découvre des blocs de pierre cubiques de grandes dimensions. Ce sont les vestiges d’un édifice de la belle époque construit en grand appareil. Il n’existe pas dans le département de débris d’architecture de l’époque gallo-romaine aussi considérable.

Plus récemment, dans les années 1990, toujours à Cadayrac, on a mis au jour un four gallo-romain de tuilier, à deux alandiers (galeries conduisant l’air chaud)  remarquablement conservé. Dans l’aire de chauffe on a trouvé des fragments de céramiques et quelques tessons de poteries permettant une datation assez précise de la construction de ce four : certainement au premier siècle après Jésus-Christ. De plus sa forme circulaire  permet aussi d’établir une chronologie relative car les fours circulaires sont les plus anciens. Identiques à ceux de type primitif, qui étaient plus petits, bien sûr. Ce type de four à deux alandiers n’avait jamais encore été fouillé en France. Outre les tuiles et briques l’artisan tuilier de Cadayrac fabriquait aussi des pesons pour métiers à tisser, des tuiles de 23 cm destinées à construire des canalisations pour les eaux usées, des tuyaux de canalisation (avec embouts mâles et femelles) pour conduire les eaux propres, ainsi que de nombreux antéfixes qui servaient d’éléments de décor sur les toits des maisons de riches ou des bâtiments abritant les administrations. Ces petites tuiles faîtières sont toutes ornées de figurines représentant un Putus, (petit amour romain). Nous avons donc à faire à un four polyvalent qui diffère de la plupart  des autres fours connus qui eux étaient le plus souvent spécialisés dans un seul type de production.

Les archéologues ont ainsi pu connaître l’aire de diffusion de la production de l’artisan tuilier de Cadayrac. A Rodez  et  dans les villes environnantes, on retrouve des antéfixes, ainsi que des tuyaux de canalisation provenant de Cadayrac.

Originally posted 2014-06-22 12:04:33. Republished by Blog Post Promoter

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