Les grandes épidémies, hôpitaux.

L’hôpital de la Madeleine, près de Combret, accueillait déjà des lépreux au XIII° siècle. Une maladrerie (hospiciis comitatibus) existe aussi à Marcillac. Ce n’est pas sans besoin quand on sait qu’en 1348 la peste décime la population. La peste sévit à Rodez, en 1458, tandis que Marcillac en réchappe. Les consuls ruthénois soumettent au conseil de leur ville une proposition, qui leur a été faite, de vouer leur ville « a Madona
Santa Anna laqual en gran cop de partz coma a Marsilhac et autres lox avie fach grand cop de miracles evidens sus la empedemia de la bossa » ( à Madone Sainte-Anne laquelle, de nombreuses fois comme à Marcillac et autres lieux, avait fait  beaucoup de miracles évidents sur l’épidémie de peste).

La maladie est  à nouveau à Rodez  en 1502, c’est pourquoi les réunions communales et celles générales des deux communautés de cette ville se tiennent à Cougousse, à Marcillac et ailleurs.

Mais la peste atteint bientôt le Vallon. Elle frappe fortement à Saint-Austremoine et à Salles-Comtaux en 15O7, 1517, 1521, et 1586. Marcillac est l’une des villes du Rouergue le plus fortement touchées en août  1515. On y garde les portes et on fait sortir les porcs de la ville, en novembre 1524, lors d’une nouvelle épidémie.

En juillet 1531, les habitants de Rodez quittent leur ville pour cause de peste. La réunion générale des deux communautés ruthénoises se tient, le 2 août, dans l’église de Marcillac. Transportée par l’armée de Joyeuse, la maladie fait plusieurs milliers de morts à Rodez, du mois de septembre 1586 à  l’automne de l’année suivante. Selon Raymond d’Austruy, quatre mille personnes auraient péri, « en garissoit plusieurs mès garissoint beaucoup plus de fames que d’homes ». Il relate le décès de l’apothicaire Antoine Bernard, oncle de sa femme, »a sa meson de Cruou, et, environ 3 semaines auparavant, « estoit morte de mesme sa femme enceinte de 8 mois et une leur filhe, environ 6 jours avant le pere ». Jean de Gourjan, également victime de la peste, est inhumé le 16 avril 1587. Il est le dernier à porter le nom « de Gourjan ».

A Marcillac, on fait construire une « lanterne des morts » dans le cimetière. Les pénitents blancs de la ville en feront le clocher de leur église quelques décennies plus tard. Une terrible épidémie s’abat sur Villefranche de Rouergue, en 1628. Huit mille Villefranchois périssent de la peste qui ne tarde pas à se propager aussi vers Marcillac, Gradels, Salles, Conques et Villecomtal. Dans cette dernière bourgade, où la moyenne mensuelle des décès est de un par mois à peine, les registres paroissiaux de 1628 en signalent 3 en avril, 3 autres en mai, puis 38 en juin, prélude de l’hécatombe du mois de juillet : 122 décès, suivis de 68 en août, 13 en septembre, 9 en octobre, 13 en novembre, 5 en décembre et plus aucun de janvier à juillet 1629. La maladie frappe Rodez en 1630. Les notables fuient la ville et viennent se réfugier dans les maisons des vignes qu’ils possèdent dans le Vallon. L’assemblée générale de la ville de Rodez se tient à Cougousse.

Comme toujours, face à ces maladies et à ces catastrophes, les plus démunis ont besoin du secours des collectivités civiles ou religieuses. Rodez construit, en 1677, un hôpital au faubourg Sainte-Marthe sous l’égide de l’Evêque Gabriel de Paulmy. C’est probablement à cette occasion que notre léproserie institue une rente annuelle de « trois semeaux et trois canades vin » en faveur de l’hôpital Sainte-Marthe. En 1679, notre hospitalet appartient à l’ordre de Saint-Lazare, dont un certain Bernard Lacayrie fut un temps bassinier. Par arrêt du conseil et lettres patentes du 30 mars 1696, conservé aux archives nationales : « …le Roy, en son conseil, … a uni et unit à l’hospital des pauvres de ladite ville, pour en jouir du premier juillet mil six cent quatre-vingt-quinze, et estre lesdits revenus employez à la nourriture et entretien des pauvres malades dudit hospital, à la charge de satisfaire aux prières et services de fondation dont peut estre tenue ladite maladrerie… »
L’hôpital fondé au XIV° siècle est administré par les consuls et le curé. Ceux-ci ne font pas détruire la léproserie mais ils ne jugent pas utile d’engager des dépenses pour l’entretien de ce bâtiment « d’une utilité nulle ».
On peut enfin se réjouir de la cessation de la peste. Les consuls de Marcillac reçoivent de Montauban, le  3 mars 1723, l’ordre de faire chanter un TE DEUM, selon la volonté du jeune Roi Louis XV, « en action de grâces de la cessation de la maladie contagieuse, de faire des feux de joie, des illuminations et tirer le canon ».

Une maladie s’en va, une autre arrive.  Le livre de paroisse de l’église Saint-Loup, de Salles-Comtaux, relate que « sera mémoire pour la paroisse de Salles-Comtaux, qu’aux mois d’août, septembre, octobre et partie de novembre 1747, la paroisse de Salles et circonvoisines furent affligées d’une cruelle dysenterie, à laquelle étaient mêlées des fièvres putrides et malignes avec venin et même des charbons. Ce fléau de Dieu parut commencer par le Bourg Saint-Paul.  Salles et Saint-Laurent en furent affligés presque en même temps, et bientôt Marcillac et plusieurs autres paroisses en furent ravagées. La seule paroisse de Saint-Austremoine eut environ 140 morts et en perdit son pasteur, ainsi que celle de Salles. »

Le petit hôpital de Foncourrieu existe toujours. Il a 80 livres de revenus, en 1741, que l’on emploie au soulagement des pauvres et des malades. Le Curé et les consuls en sont les administrateurs. Le sieur Périé, prêtre, en est le trésorier. « Il y a trois lits dans cet hôpital, qui servent pour les pauvres passants. La salle où sont les lits a vue dans la chapelle par le moyen d’une grande porte qu’on ouvre quand il y a des malades, pour leur faire entendre la messe, ce qui est fort rare. Les dames de la Miséricorde s’y assemblent ordinairement quatre fois l’année. » Dans son journal de voyage, Richeprey écrit, en 1780 :  » Nous avons été voir l’hôpital. Jamais ce nom n’a été donné à  une aussi misérable habitation, une pièce qui ressemble à une écurie et dans laquelle des paillasses, portées par des ais de bois, forment trois lits dont la vue seule rendroit malade. La chapelle est proprement décorée ; c’est la seule pièce qui soit saine. »

Le prieur donne trente livres pour l’aumône. On ne les distribue pas chaque année. On laisse grossir cette somme pour en secourir plus efficacement les pauvres dans les mauvaises années. En 1789, les administrateurs sollicitent l’autorisation d’y faire les réparations nécessaires pour pouvoir « loger ceux que la misère force d’y avoir recours ».

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter

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