Les bijoux de la Comtesse de Panat

Version de l’écrivain local Bernard Combes de Patris :

« La tombe d’une jeune comtesse de Panat, qui venait d’être enterrée avec tous ses bijoux, fut violée, dans la nuit qui suivit les obsèques, par un ou deux malandrins. Les colliers et les bracelets furent arrachés, mais une bague, seule, résista. Alors que nos détrousseurs venaient de trancher le doigt, une voix s’éleva, les glaçant d’épouvante :

« Ah qué m’a fach dé bé ! »  (Ah que tu m’as fait du bien ! ).

La comtesse n’était que dans un sommeil léthargique et la douleur intense l’avait réveillée. Cette histoire racontée de génération en génération est-elle à l’origine, ou est-elle issue de cette crainte irraisonnée d’être enterré vivant ? « .

Bernard Combes de Patris ajoute : « J’ai retrouvé cette peur chez un grand nombre de personnes interrogées, à tel point qu’il faut se demander si, autrefois, peut-être au temps où l’on enterrait le jour même du décès, il n’y a pas eu vraiment des cas d’ensevelissement prématuré. »

Version de Tallemant des Reaux (Mémorialiste français 1619-1692)

Dans ses « Historiettes » qui forment un témoignage savoureux sur son époque, il écrit :  « Le baron de Panat estoit un gentilhomme huguenot d’auprès de Montpellier, de qui on disait : « lou baron de Panat, pus léau mort que nat », c’est-à-dire « plutost mort que né » ; car on dit que sa mère grosse de près de neuf mois, mangeant du hachis, avalla un petit os qui, lui ayant bouché le conduit de la respiration, la fit passer pour morte, qu’elle fut enterrée avec des bagues aux doits qu’une servante et un valet la désenterrèrent de nuict pour avoir ses bagues, et que la servante, se ressouvenant d’en avoir esté maltraité, lui donna quelques coups de poing, par hasard, sur la nuque du col, et que les coups ayant desbouché son gozier, elle commença à respirer, et que quelques temps après elle accoucha de luy… »

 

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