Le prix Cabrol 1924 pour le Marcillacois Adolphe Bex

Fils de François Cabrol, l’un des fondateurs des aciéries et houillères du bassin de Decazeville, Elie Cabrol, se révèle artiste et esthète. Jouissant d’une aisance confortable, il aime et protège les artistes. Le 4 juin 1903, deux ans avant sa mort, il rédige son testament. Dans celui-ci, il lègue à la Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron une somme de 20.000 F, qui doit être utilisée à l’achat d’un titre de rente française inaliénable, dont les arrérages seront employés à encourager ou à récompenser les écrivains et les artistes aveyronnais les plus remarquables.

Suivant sa volonté, le prix Cabrol a couronné les plus éminents artistes ou hommes de lettres aveyronnais depuis 1907. Au rang de ceux-ci, pour n’en citer que quelques uns : Justin Bessou, poète (1907) ; Eugène Viala, peintre-aquafortiste (1909) ; Joseph Malet, sculpteur (1910) ; Fernand de Barrau, historien (1914) ; Marc Robert, sculpteur (1917) ; Casimir Serpantié, peintre (1919) ; Tristant Richard, pastelliste-peintre-portraitiste (1922)…

Un Marcillacois, l’ébéniste Adolphe BEX, figure à cet élogieux palmarès, en 1924. Ils sont deux à partager le prix cette année-là : Adolphe Bex, et le sculpteur sur bois, Louis Durand.

Le jury s’est intéressé à notre compatriote qui, dans son atelier de la rue Droite, a “sculpté des bahuts, des coffrets, des bureaux, des socles, des buffets… justement remarqués… M. Bex a d’instinct conçu et exécuté des tables Henri II, des socles Renaissance, des lits Louis XVI… où vous ne découvrirez ni la plus légère faute de goût, ni le moindre contresens artistique”.

Après lui, le prix Cabrol a encore récompensé de grands noms, tels : Roger Serpantié, peintre (1925) ; Pierre Benoit,  historien (1926) ; Louis Balsan, spéléologue-archéologue (1937) ; Jean Ferrieu, peintre, et Louis Lacout, félibre (1943)… mais, et c’est bien regrettable, la dévaluation n’a, par la suite, pas permis d’assurer régulièrement l’attribution de ce prix, aujourd’hui presque oublié.

     (Extrait de “Marcillac au fil des siècles” de J. Olivié – éditions du Beffroi – Millau- 1998)

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter