L’élevage du plateau

Monsieur Henri Bruneau, boucher parisien, après avoir fait construire une villa à Marcillac, a acheté le plateau qu’occupait la gare de la ligne de chemin de fer de Marcillac à Decazeville. Il a aménagé sur ce plateau une ferme modèle où il a développé successivement, après la seconde guerre mondiale, l’élevage de races de porcins (large white Yorkshire) et ovins (berrichons), faisant profiter de ses expériences les éleveurs de la
région.  C’est sous son initiative que des concours de porcelets  furent organisés pendant plusieurs mois les jours de foire de Marcillac, donnant à celles-ci une importance bien plus grande dans ce domaine. Il s’est aussi spécialisé dans l’élevage des vaches laitières (plus particulièrement de la race “brune des Alpes”), ce qui lui a valu un certain nombre de prix dans des concours.

Un article paru dans “Le Rouergue républicain” en novembre 1959 précisait : “Monsieur Bruneau, propriétaire de l’Elevage du Plateau vient d’importer de Suisse 4 belles génisses “Brune des Alpes”, dont deux viennent d’être primées au grand concours de Zurich”.

 

A propos de cet élevage, il nous semble intéressant de rapporter ici l’anecdote du tour de France cycliste 1959, telle qu’on a pu la lire, alors, dans Midi-Libre.

 

“Monsieur Bruneau, éleveur à Marcillac, qui enleva quelques prix au concours spécial de la race brune voici deux mois, aurait décidé, pour le plaisir de ses concitoyens, d’animer le Tour de France aux abords de son village.

Il envisagerait d’offrir une prime de 50.000 francs au premier coureur franchissant la côte de Polissal ; 50.000 francs au premier coureur de l’équipe de France et, comme nous sommes en Rouergue, un jambon au deuxième, un gigot au troisième. Enfin, délicate attention à l’endroit de l’ami Busto, un cochon de lait pour le premier des coureurs aveyronnais.

…Notre Busto avait fait un effort sérieux et s’est présenté premier au ravitaillement. Six autres coureurs complétaient cette échappée, qui avait 4′ 35″ d’avance sur le peloton.

Inutile de dire que Rodez n’a pas ménagé ses applaudissements au champion de notre pays noir.

Mais, à Polissal, tous les sportifs marcillacois s’étaient donné rendez-vous, et ce fut du délire. Au haut de la côte, le cochon offert par M. Bruneau attendait son maître fort sereinement. Et la fanfare de Marcillac le ragaillardit d’un couplet du pays. Ajoutons que le cochon était beau,ce qu’expliquait un écriteau judicieusement placé.

Les sept échappés de Rodez avaient conservé leurs quatre minutes d’avance à Polissal. Il y avait là quelque 130.000 francs de primes offertes par M.M. Bruneau et Pégorier, dont quelques gigots de belle taille. La prime du premier au sommet revint à Dotto, devant Bahamontès. Darrigade ou Privat eurent droit à la seconde.

Quant aux gigots, ils se répartirent sur le peloton”.

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter