Le vignoble de Marcillac en 1833

« L’étendue de terrain plantée de vigne, dans le canton de Marcillac est de 1978 ha. Sa valeur totale, à raison de 2.500 frs, prix moyen de l’ha, s’élève à près de 5.000.000 de frs. Elle s’élèverait à peine à 250.OOO frs si l’on en supprimait la vigne, sans laquelle ce terrain serait presque improductif.

La même étendue de terrain, d’une bien meilleure qualité, consacrée à la culture des céréales rapporterait, au plus, 50.000 frs de produit brut. Les domaines de vigne produisent 15 fois plus que les domaines composés de champs, de prés et de pâturages.

A ces produits pécuniaires, si l’on ajoute le nombre de soldats que fournit à la patrie une population presque centuple de ce qu’elle serait en ces lieux, sans la vigne, et portée au mariage par la nature de ces travaux, on restera convaincu que la vigne est la poule aux oeufs d’or, qu’il importe de ne pas tuer.

… Les conséquences extrêmes de la division infinie des propriétés, déjà bien grande dans ce vigne » >vignoble, sont encore plus graves pour la population appliquée à la culture de la vigne que pour celle qui s’occupe à cultiver les céréales. Car, outre que le produit de la vigne est bien plus chanceux, et manque bien plus souvent et complètement que celui du champ, l’abondance même du raisin, qui semble devoir une compensation à sa fréquente rareté, mais de laquelle résulte l’avilissement du prix du vin et l’embarras de le loger, est un mal que le riche seul peut prévenir ou supporter.

… Le sol du vigne » >vignoble de Marcillac n’est pas homogène dans toute l’étendue du Vallon. Il est ou calcaire, ou argilo-calcaire, gréseux et coloré de rouge par du fer d’où lui vient le nom de rougier, ou argilo-calcaire appelé « aubugue », de la couleur grise ou blanche qu’il reçoit des argiles qui y dominent plus ou moins. Le calcaire donne le meilleur vin. Le rougier donne le fruit le plus précoce, et, dans les aubugues, on recueille les récoltes les plus abondantes mais les plus tardives et d’un produit ultérieur de moins bonne qualité. 

On préserve le sol des dégradations qu’y produisent les orages en y pratiquant, sur les lignes des ravins, perpendiculairement à la base de chaque vigne et jusqu’au sommet, des fosses qu’on appelle « capalières ». Dans ces fossés se rendent les eaux pluviales sous une pente adoucie qui en modère la rapidité, par des rigoles appelées « capes », pratiquées le long des murs de soutènement obliques à l’horizon, formés tout exprès pour les protéger. Ces murs reçoivent de leur destination le nom de murailles « porte-capes ».

Arrivées dans les capalières, qui sont presque verticales, les eaux les convertiraient en profonds ravins si les fonds  n’en étaient pavés et les bords garnis de murailles. »

 

(Extraits des « Mémoires statistiques sur le vigne » >vignoble de Marcillac » – par Charles Girou de Buzareingues – 1833 -)



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