Le viaduc de l’Ady (dit : Pont de Malakoff)

(Bulletin municipal  n° 28 – 1997)

 

Le viaduc de l’Ady, connu sous le nom de « Pont de Malakoff » était tout à fait remarquable. Cette construction de pierres, de briques et de fer, aujourd’hui presque entièrement démolie, franchissait la route de Decazeville et le ruisseau de l’Ady à une distance d’environ trois  kilomètres de Marcillac, dans une partie étroite de la vallée.

Monsieur Cabrol avait donné aux culées de ce pont l’aspect de tours rondes ou carrées, et les avait couronnées de faux créneaux. Des arches ogivales reliaient les culées aux flancs de la montagne. Des ogives en pierre de taille et en brique remplissaient les tympans ; le couronnement était en pierre.

Cet ensemble majestueux aux proportions harmonieuses s’élevait sur une longueur de 155 mètres, et le niveau des rails était à 21,75 m au-dessus du ruisseau.

Monsieur Cabrol ne voulut pas entreprendre cet important ouvrage sans avoir au préalable étudié les effets que pouvait avoir la dilatation sur une arche de fer qu’il concevait pour ce pont ; aussi il fit dresser à Decazeville un petit arc en tôle qui était une réduction au huitième de l’arche projetée. Au moyen d’un dispositif adapté à cet arc, il put faire, à partir de 1852, de nombreuses observations à toutes les heures et à toutes les températures et, par comparaison, il put établir les effets qu’aurait la dilatation sur le travail qu’il voulait entreprendre. L’exécution de l’arche put alors être confiée aux ateliers de Decazeville.

Le viaduc de l’Ady se composait d’un arc en pierre et en fer de 80 mètres d’ouverture. La partie centrale en fer, surplombant la rivière, était constituée par une arche de 44 mètres de portée, dont la poussée normale ne s’opérait pas sur les culées, mais sur les parties en pierre de l’arc qui prenait naissance, à chaque extrémité, au rocher des fondations et qui étaient cachées par les culées.

La grande innovation, pour l’époque, dans cette construction, résidait surtout dans cette arche dilatable sur laquelle il fut édifié une maçonnerie rigide. L’arche métallique se composait de quatre arcs en tôle de 0,2 m d’épaisseur, ayant à la clef 0,7 m de hauteur et 1,10m aux retombées. Ces arcs distants de 1,26 m étaient conjugués entre eux à la partie supérieure par un plancher formé par des rails Barlow, sur lesquels s’élevait la maçonnerie des tympans.

Les culées, les tours, les arcs en pierre furent d’abord construits. Il fut procédé ensuite au montage, sur un échafaudage intermédiaire aux culées, des arcs en tôle ; ils furent assemblés et reliés à leurs extrémités par des sabots de retombée en fonte.

 

La montée au niveau voulu de l’arche ainsi construite, d’un poids de 100.581 kg, fut commencée le 07 juin 1856. Elle s’opéra, petit à petit, en plusieurs jours, à l’aide de six vérins placés, au fur et à mesure, sur les parements des culées dont la construction suivait de près l’ascension de l’arche. Lors de la construction des culées les parements de celle-ci avaient été simplement amorcés.

Pour la mise en place définitive il fut nécessaire d’opérer un léger transport longitudinal de toute cette masse de fer, et la jonction des arcs en pierre et de l’arche put alors se faire. Les arcs en pierre sur lesquels devaient reposer les sabots de retombée avaient été laissés en arrière de trois mètres. Ils furent continués et avancés vers l’arche, tout en laissant un léger intervalle, ce qui permit de procéder au calage le 20 juillet 1856, au moment de la contraction maxima du fer. Les maçonneries restant à faire furent ensuite poussées activement.

La ligne de chemin de fer entre Marcillac et Firmy allait permettre une grande économie dans les transports des minerais de Mondalazac, de Lunel et de Kaymar, et sa construction avait été faite en observant le gabarit normal des grandes lignes des réseaux français.

 

LA FIN DU PONT DE Malakoff

(racontée par les élèves du cours moyen de l’école publique de Saint-Christophe-Vallon)

« Pendant la guerre de 1939-1945, l’entreprise Mirouze, de Toulouse, démonta la partie métallique pour récupérer la ferraille.

La tour « gênait » pour la circulation et plusieurs accidents avaient eu lieu dont un grave. Les responsables de l’Equipement décidèrent de la démolir. Elle fut achetée par un entrepreneur de Combret, Mr Viguier, qui proposa les pierres à ses clients…

C’était le joyau et la perle de notre vallon. A l’ombre de ses tours majestueuses et hautaines, longtemps il abrita touristes, amoureux et campeurs. Longtemps aussi, nous avons conservé l’espoir de garder au moins le portique central. Hélas ! le sort en a décidé autrement. La destruction totale de notre joli pont portera un grand préjudice à Valady, St-Christophe et Marcillac. Voilà une bévue de plus inscrite aux annales de la vallée d’Ady.

Au-dessus du porche était fixée une plaque en fonte. Elle fut récupérée par un habitant de Firmi, chez un ferrailleur de Sébazac. Actuellement elle est exposée sur la pelouse de l’aire aménagée par le syndicat d’initiative de Firmi, elle mentionne :
CONSTRUIT EN MDCCCLVI PAR
FRANCOIS CABROL
CREATEUR DES USINES
DE FIRMY ET DE DECAZEVILLE

 

Carte adressée à ses clients par Henri Viguier,entrepreneur de travaux publics à Combret :

 

« Monsieur,

J’ai l’honneur de vous faire connaître que j’ai entrepris la démolition du Pont de Malakoff, dont ci-joint une photographie. Il est entièrement construit en pierres de taille de 1re qualité,  comme une simple visite permet de le constater. Ces pierres, placées depuis près d’un siècle, n’ont en rien souffert de la rigueur du temps ; on peut donc les considérer aujourd’hui comme garanties de toutes détériorations ultérieures. Je vends ces pierres au prix de 300 à 500fr le mètre cube, prix qui, comme vous le savez, est d’une infériorité notoire sur les prix actuels.
Veuillez me faire connaître vos besoins que je satisferai le plus rapidement possible.

Recevez, Monsieur, mes salutations empressées.
H. VIGUIER »

 

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter

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