Le livre de notre vie (état-civil depuis 1619)

« En début d’année chaque commune fait le bilan de sa démographie, car le livre, le vrai livre de notre vie, c’est un registre d’état-civil, rédigé et détenu  dans toutes les mairies. 

Au fur et à mesure, y sont mentionnés les actes de naissance, mariage, décès survenus en cours d’année dans la commune. Sur une demi-page, d’un feuillet numéroté où s’est inscrite notre naissance, viennent plus tard s’ajouter en marge, mariages et décès ; une vingtaine de lignes suffisent pour délimiter notre existence, c’est peu la
vie.

Chaque décade, les registres sont reliés et une table décennale y est jointe pour faciliter les recherches.

Jusqu’à la Révolution, le clergé inscrivait les actes d’état-civil. Marcillac a le privilège par rapport à d’autres communes, de posséder des registres bien reliés et suivis depuis 1619.

En effet, c’est en 1619, que le premier acte de naissance est porté sur les registres de Marcillac, vu son énoncé, rigoureusement authentique, il semble, 360 ans après, refléter l’actualité.

   « L’an mil six cent dix neuf le vingt guit d’april a esté batizé, Raymond Barre, fils de Raymond Barre dit Coilyat, a coté parin messire Gaudal, tailleur et Margarite Rioute – signé Baulès, vicaire.

Je ne sais point si celui-ci devint premier ministre, en tout cas un autre Barre fut en 1792, le premier maire de Marcillac. Beaucoup de Marcillacois se souviennent aussi de Jules  Barre, secrétaire de notre mairie pendant une vingtaine d’années avant 1942.

Il n’est pas dit que ces descendants fussent issus de la même souche, car à ce moment là, beaucoup de familles avaient un nom identique et, pour les distinguer, on leur donnait un surnom. On retrouve au début de nos registres des appellations qui existent encore chez nous : Campergue, Boyé, Manhabiale, Franquès, Borde, Rey, Mazars, Cantaloube, Delmas, Portal, Périé, etc…

Le premier acte de mariage fut établi en 1649. 

    « L’an que ci-dessus le guittième du mois de juillet, je dona la bénédiction nuptiale dans lesglize Nostre-Dame  de Foncourious à Anthoine Gardon de Balzac et à Margarithe Dausse, paroisse de St-Austremoine, avec la permission que jay du vicaire de Saint-Austremoine et le certificat de la publication des  annonces du recteur de Balzac. Présents : Anthoine Campainhac, maréchal, habitan Cougousse et Catherine Fabre, Signé : Bruel, prêtre, vicaire. »

Jusqu’en 1792, ce fut le clergé qui tint les registres,, et le dernier signataire fut Noé, prêtre assermenté, remplaçant depuis 1790
Dozilis et Travassac, curés réfractaires. 

L’acte N° 1 rédigé par la municipalité de Marcillac fut le suivant : 

   « Le six du mois de janvier de l’an mil sept cent quatre vingt douze, l’an premier de la République française a comparu par devant nous, Laurent Périé, qui a déclaré qu’il lui est né un garçon de Marie Agar, sa femme et auquel il donne les prénoms de Jean, François – signé : Puech, officier public. »

Avec Napoléon 1er, l’état-civil trouva ensuite son code véritable qui fit jurisprudence pendant de très longues années. Et ainsi dans un  meuble de notre mairie, trente volumes successifs représentent page par page depuis 1619, ce qui fut la vie humaine de notre cité, ,de tous ces gens qui ont bâti ce village, habité ces ruelles,
placettes ou faubourgs…

Comme Anthoine, le vigneron des vendanges oubliées ; Guillaume, le charpentier qui façonnait à la hache les poutres de chêne ; Marguerithe, la fileuse de laines ; Mathieu, le maçon, tailleur de pierres rouges ; d’autres, hommes de science ou de loi, tisserands et aubergistes… 

Tous disparus… mais présents quand même, sur le parchemin jauni des registres du passé !… »


(Article signé : Irénée Madrières – extrait de la presse locale – mars 1979)

 

N.B. Depuis quelques années, les registres de catholicité et d’état-civil les plus anciens que détenait la mairie de Marcillac ont été  transférés aux Archives départementales.

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