Le couvent Saint-Joseph (historique)


(Extrait de “Notre-Dame de Foncourrieu” – par l’abbé H. Alran – Rodez – Carrère éditeur – 1901).

“Marcillac avait une communauté très ancienne, dite des Soeurs de l’Union ou des Soeurs du Travail. Sa fondation remonte… à l’an 1675

 (Il semble plus vraisemblable que ce fut en 1682). Cet institut fut au XVII° et au XVIII° siècle une vraie pépinière de fondations religieuses. C’est ainsi que la communauté très appréciée à Saint-Geniez-d’Olt, des Soeurs de l’Union a formé ici son premier noyau, avec d’autres couvents-mères de même titre ou de titre différent.

Les archives primitives du Couvent de Marcillac portent dans la liste des anciennes soeurs, quantité de noms ayant la particule de noblesse, et indiquent comme lieux d’origine de la plupart des sujets, les localités du diocèse ou des environs les plus distantes. Il est bien avéré que le diocèse de Rodez ne comptait pas, aux siècles passés, un dixième des maisons-souches de religieuses qu’il compte aujourd’hui. On comprend que les vocations fussent obligées de s’expatrier plus ou moins, pour trouver un noviciat et une maison de formation.

Notre institut religieux  de Marcillac après avoir franchi le seuil et le parcours du XVIII° et du XIX° siècles, passa par dessus la tourmente révolutionnaire qui souffla sur la rencontre du XVIII° et du XIX° siècles. Aux premiers jours de liberté rendue à la religion catholique, les soeurs dispersées,qui survivaient à l’épreuve, se réunirent dans leur ancienne maison occupant la partie au levant et au midi de la rue centrale de Marcillac, désignée du nom de Rue Droite.

Elles reprirent leur costume et  leur nom sans voir arriver de quelques temps les jeunes recrues dont elles avaient besoin pour reprendre leurs anciennes oeuvres de classes et d’ouvroirs. La disette de sujets fut telle qu’en 1822, lorsque de généreuses dotations permirent à la commune d’installer un hospice dans l’ancienne maison des seigneurs de Cabrières, l’administration sollicita vainement les soeurs de l’Union d’en prendre la direction et d’en accepter la tenue. On fut obligé d’avoir recours à une communauté étrangère au diocèse, à celle-là même qui devait être appelée à tenir les hospices du bassin houiller ainsi que ceux de Millau et d’Espalion.

Sur ces entrefaites, fut fondée, en 1824, une maison du titre de Saint-Joseph à Clairvaux, paroisse dépendant du canton de Marcillac. Cette fondation faite de concert par M. l’archiprêtre Belmon, mort en 1886 curé de la Cathédrale, et par la mère Sainte-Thérèse, née Bruguière, prit de rapides développements. Ce fut une indication donnée…à nos anciennes soeurs de l’Union, pour se vouer au vocable  de Saint-Joseph.

C’est chose faite à la date de 1838 et les soeurs de l’Union, devenues soeurs de Saint-Joseph furent constituées et reconstituées gardiennes  religieuses de Notre-Dame de Foncourrieu. Le soin de la chapelle et de ses autels leur fut dévolu.

Le vocable de Saint-Joseph a donné à l’institut des développements merveilleux. Malgré la juxtaposition de quatre couvents-mère du même ordre, dans le seul canton de Marcillac : au chef-lieu, à Clairvaux, à Salles-la-Source et à Villecomtal, notre couvent de Saint-Joseph a vu affluer assez de vocations pour doubler l’étendue locale de ses oeuvres d’enseignement ou de charité, et pour multiplier les affiliations d’année en année.

Le diocèse de Rodez en compte 22 distribués dans tous ses arrondissements. Les diocèses d’Albi, de Nîmes, de Bordeaux, de Poitiers, d’Avignon en ont un nombre presque égal au total des maisons diocésaines.

L’ancien local est devenu notoirement insuffisant ; il a fallu sous l’active et sage initiative d’un jeune supérieur, devenu évêque, bâtir un grand monastère dont les constructionset les vastes jardins occupent toute la vallée sise entre l’avenue de Foncourrieu et le cours du Créneau. Une élégante et monumentale chapelle en moellons piqués, couronne et domine toutes les autres façades. L’édifice suffit à abriter plusieurs centaines de soeurs qui s’y réunissent des maisons subalternes, pour leur retraite annuelle.
Au cours de l’année scolaire, l’espace est large pour les installations distinctes du supériorat et de son conseil, du noviciat, du postulat, de la pension et des classes initielles ou avancées qui comprennent tous les cours diplômés avec les arts d’agrément qu’on va rechercher dans les couvents de ville.

Décidément Marcillac est pourvu encore dans son couvent de Saint-Joseph d’un autre Pensionnat de premier ordre qui pousse l’instruction des jeunes filles à son apogée, et joint au confortable  scientifique ou artistique des pensionnats urbains, l’hygiène de l’espace et le grand air des champs.

 

 


Sur ce document nous trouvons la signature de Catherine de Mazars fondatrice de la Communauté des “Filles unies de Marcillac”.

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter