La seigneurie de Marcillac

Berceau de la famille du même nom, le château de Panat voit son existence attestée dès le XI° siècle. Il est alors le siège d’une des principales baronnies du Rouergue médiéval et le chef-lieu d’un petit pays : le Panadès. La famille de Panat étend son influence jusqu’à Marcillac et Salles.

La seigneurie de Marcillac appartient ainsi :

– à Aymeric de Panat, né vers 1150, qui vivait encore en 1225,

– puis à son fils Hector de Panat, né vers 1180,

– puis à son petit-fils : Archambaud de Panat.

Archambaud de Panat (que l’on écrit aussi Archambault), déjà précédé d’une réputation sulfureuse, se compromet dans le meurtre d’un moine de Conques. Pour apaiser ses poursuivants, il accepte la proposition que lui fait, en 1238, le Comte Hugues IV de Rodez, d’échanger le château de Panat, la ville de Marcillac, et le château majeur de Salles contre les chateaux de Peyrebrune, Thoëls, Coupiac et Caystor.

La seigneurie de Marcillac passe ainsi successivement à :

– Hugues IV, Comte de Rodez de 1221 à 1274,
– Henri II, Comte de Rodez de 1274 à 1304
– Cécile (fille du précédent) Comtesse de Rodez de 1304 à 1313.

Cécile épouse, en 1298, Bernard VI comte d’Armagnac. La seigneurie de notre ville passe ainsi à la maison d’Armagnac avec :

– Jean Ier, comte d’Armagnac et de Rodez 1313 – 1373
– Jean II, comte d’Armagnac et de Rodez 1373 – 1384
– Jean III, comte d’Armagnac et de Rodez 1384 – 1391
– Bernard III, comte d’Armagnac et de Rodez 1391 – 1418
– Jean IV , comte d’Armagnac et de Rodez 1418 – 1450
– Jean V, comte d’Armagnac et de Rodez 1450 – 1473

En 1469, Jean V, accusé d’anglicherie, provoque la colère de son suzerain. Louis XI fait occuper le comté, en 1470, et prononce le séquestre des biens d’Armagnac. Les capitaines et les favoris du roi se partagent les seigneuries de Jean V, avec l’approbation de Louis XI qui, malgré l’opposition du Parlement, et au mépris de la jurisprudence constamment défendue par ce grand corps judiciaire, n’hésita pas à faire sortir du domaine de l’Etat les seigneuries confisquées, et ratifia cette distribution irrégulière par des actes de donation formelle.

Parmi ces capitaines figure Roffec II de Balsac qui reçoit Marcillac et Cassagnes. (Balsac est une petite ville située à deux lieues de Brioude, en Auvergne, qui a donné son nom à la maison de Balsac dont Jean de Balsac, seigneur d’Entraygues, aida Charles VII de tous ses biens contre les Anglais. Armoiries : d’azur à trois sautoirs d’or, au chef d’or chargé de trois sautoirs d’azur).

L’énumération des terres possédées par notre nouveau seigneur forme une longue liste : Glisenove, Bensac, Saint-Amand, Prelat, Paulhac, Rioumartin, Seveirac, Rosières, Cussol, Montmorillon et Saint-Clément. A toutes ces possessions il ajoute encore la seigneurie de Châtillon d’Azergues et de Bagnols par son mariage avec Jeanne d’Albon, et donc encore celles de Marcillac et Cassagnes confisquées sur Jean V, comte d’Armagnac.

Roffec II de Balsac fut sénéchal de Nîmes et de Beaucaire, chevalier de l’Ordre de Saint-Michel, capitaine de 100 hommes d’armes et de 4.000 francs-archers, conseiller et chambellan du roi. Il participa, en 1473, aux côtés de Louis XI, à un nouveau siège de Lectoure où son ennemi juré, Jean V d’Armagnac et de Rodez, s’était retranché et périt assassiné le 6 mars 1473.

Roffec II de Balsac mourut peu de temps après, le 25 octobre 1473. Il fut inhumé à l’église Saint-Julien de Brioude.

Son fils Roffec III de Balsac, conseiller et chambellan du roi, sénéchal de Beaucaire et capitaine de 30 lances, meurt sans postérité, l’an 1489 et ses biens sont dévolus à son frère Geoffroy, seigneur de Montmorillon et de Châtillon, conseiller et chambellan du roi, mort également sans postérité, en 1509.

La seigneurie de Marcillac retourna-t-elle au domaine royal puisqu’en 1713 Louis XIV vend les droits de son domaine à la communauté de Marcillac ? Toutefois Charles d’Armagnac, frère cadet de Jean V, porta le titre de comte d’Armagnac et de Rodez, de 1473 à1497, et jouit quelque temps des possessions de sa maison, que Charles VIII lui restitua, en 1484, mais cet infortuné, que Louis XI avait retenu quatorze ans à la Bastille, n’exerça jamais aucun pouvoir effectif. Ainsi nous voyons, dans l’histoire de Cassagnes-Bégonhès, que c’est après la venue de Jean d’Estaing, gouverneur du comté de Rodez, au nom de Charles d’Armagnac, que la construction du beffroi de l’église interrompue, en 1481, reprend, trois ans plus tard, pour s’achever en 1499.

Charles d’Armagnac n’eut pas d’enfant de sa femme Catherine de Foix Candale. Il eut par contre un enfant bâtard, Pierre, qui fut légitimé plus tard et qui fut seigneur de L’Isle-Jourdain.

 

Originally posted 2014-06-20 18:01:04. Republished by Blog Post Promoter

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