LA LEPROSERIE DE FONCOURRIEU

C’est au bas Moyen-Age, dans les débuts de la Guerre de Cent ans que la construction d’une léproserie à Foncourrieu fut décidée par les prieurs de l’Eglise Saint-Martial et de la Chapelle Sainte-Marie de Foncourrieu, ainsi que par les deux Consuls de la communauté de Marcillac.

Le choix de l’emplacement avait reçu l’approbation de l’Evêque de Rodez, Gilbert de Cantobre, et du Comte Jean d’Armagnac, “non pas toutefois sans s’être assurés  au préalable que nulle part ailleurs, on ne saurait trouver un lieu plus favorable.”

L’érection obligatoire de remparts autour de la ville de Marcillac en arrête les travaux en 1351. Ils reprendront plus tard, grâce en particulier aux subsides que Guillaume de Laparra fournira pour que les paysans et serfs de sa terre de Gradels puissent y avoir le droit d’admission. Ils s’achèveront en 1380.

Un médaillon d’un caisson de la nef de la chapelle en fait la reproduction, de même qu’un vitrail. Un médaillon du choeur nous montre les schémas de cet édifice. Deux tours flanquaient l’hospice en face duquel se trouvait un bâtiment de secours pour le cas où il n’aurait pu contenir tous les malades ou pestiférés. (Rappelons que la grande peste noire a débuté en 1348).

Notre léproserie désignée “Oeuvre de Notre-Dame de Marcillac” reçoit de temps à autre des legs ou reconnaissances que lui font les habitants du voisinage. Nous avons noté le leg d’Astruc Delcros, de Marcillac,  fait le 10 novembre 1383 par devant Maître Guillaume Lassale, notaire public de tout le comité et de l’évêché de Rodez, pour une somme de douze sols tournois ; la reconnaissance consentie, le 14 juillet 1585, par un certain Carles du village de Liguié, paroisse de Saint-Christophe ; celles faites, le 5 septembre 1585, par un certain Lecot, du Buguet ; le 20 avril 1586, par Jean Costes, du Bousquet, paroisse de Saint-Christophe ; le 25 novembre 1667, par Bernard Cayssac, du village de La Liguié.

Dans son n° 51, de juillet 1912, le bulletin paroissial “La Reine du Vallon” fait état de vingt-sept obligations consenties à l’oeuvre Notre-Dame de Marcillac par “divers habitants de Marcillac et d’ailleurs” entre le 25 janvier 1577 et le 5 mai 1625.

L’oeuvre elle-même cède à fief des biens ou bénéfices qui lui sont propres. C’est le cas d’un vaste terrain aux appartenances des villages de Cueye et Pégals, de la paroisse de Saint-Christophe, cédé à fief, le 24 novembre 1418 à un certain Bernard Robert.

Maître de Baduel, notaire à Marcillac, reçoit, le 28 juin 1531, contrat d’une cession à fief pour l’oeuvre Notre-Dame de Marcillac.

Pendant plus de trois siècles, ce petit hôpital qui, en 1679, appartient à l’ordre de Saint-Lazare, a rendu de précieux services particulièrement lors des épidémies de peste, mais il devient vétuste.

A l’occasion de la construction d’un hôpital au faubourg Sainte-Marthe à Rodez, sous l’égide de l’évêque Gabriel de Paulny, notre léproserie consent, en 1677, au nouvel établissement ruthénois, une rente de “trois semeaux et trois canades de vin.”

En 1683, les consuls de Marcillac jugent inutile d’engager des dépenses pour l’entretien de ces bâtiments qui, maintenant, ne servent plus.

Par arrêt du Conseil d’Etat du Roi, rendu le 6 mars 1696, les biens de la maladrerie de Marcillac sont unis à ceux de l’hôpital de cette ville.

A la demande des religieuses qui gèrent l’hôpital (ou hospice) de Marcillac, les consuls ont dû faire réaliser à l’ancienne léproserie les réparations les plus urgentes qu’ils n’avaient pas cru nécessaire d’entreprendre, car nous savons qu’en 1741 : “il y a un petit hôpital hors la ville, lequel a environ 80 livres de revenus. Le Curé et les Consuls en sont les administrateurs. Ce revenu s’emploie au soulagement des pauvres  et des malades. Le sieur Périer, prêtre, en est le trésorier. Il y a trois lits dans cet hôpital qui servent pour les pauvres passans. La salle où sont les lits a vue dans la chapelle  par le moyen d’une grande porte qu’on ouvre, quand il y a des malades, pour leur faire entendre la messe, ce qui est fort rare. Les dames de la Miséricorde s’y assemblent ordinairement quatre fois l’année”.

A la fin du XVIII° siècle, il ne restait plus que quelques pans de mur de ce qui fut jadis la léproserie Notre-Dame.

En 1912, ces vestiges avaient disparu depuis longtemps et cédé la place à une prairie.

(Jean Olivié – Bulletin municipal n° 20 – 1989)

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