La guerre de 1939-1945

Près de 900 réfugiés arrivent, en 1940, dans notre commune. Une cantine est ouverte à leur intention dans  le garage de l’ancienne poste, route de Malviès.

Marcillac accueille aussi un détachement de militaires qui érige son mât porte-drapeau sur la place du bout de la ville, donnant à ce quartier une allure de casernement. Le bulletin « La reine du Vallon », d’août 1940, nous décrit l’atmosphère de cette période :   « …journée donc  de recueillement a été la journée du triste armistice, le 25 juin, qui, après une visite au Monument aux morts, a vu se dérouler à l’église une courte mais émouvante cérémonie à laquelle prenaient part, avec les Anciens Combattants, les officiers et soldats présents à Marcillac. Journée de recueillement et de prière a été le dimanche 7 juillet qui a groupé à l’église, pour le service funèbre en faveur des morts, à la suite des autorités civiles et militaires, la grande foule des soldats et des fidèles qui ont pu entendre l’allocution appropriée du Père Lapeyre.

Journée encore de recueillement le dimanche 14 juillet, qui a été marquée par l’hommage rendu, devant le Monument aux morts, aux victimes de la guerre, par les troupes cantonnées à Marcillac, et qui a réuni de nouveau à l’église l’affluence du dimanche précédent. 
Journée de recueillement, le 22 juillet, où les Belges (réfugiés), à leur tour, faisaient prier pour leurs morts, à l’occasion de leur fête nationale du 21 juillet… »

Parmi les réfugiés se trouve une importante communauté de Juifs et de Français, installés en Alsace et en Lorraine depuis 1918, expulsés par les
Allemands. 
En décembre 1940, une souscription est ouverte sur la voie publique en faveur du Secours National consistant en la vente de portraits du maréchal Pétain. A celle-ci
s’ajoute une quête prescrite par l’évêque à la messe du 29 décembre. Des jeunes filles organisent, à l’école libre des garçons, en 1942, des séances théatrales en faveur des 
prisonniers.

Le Service du Travail Obligatoire (S.T.O.) déporte son lot de jeunes gens outre-Rhin. Parmi eux, le nouveau vicaire, Alary, qui n’est pas même resté deux mois en poste et qui a dû rejoindre Gera, un centre ferroviaire allemand.

Les garçons affectés aux chantiers de jeunesse réalisent le chemin des vignes du Cayla.

30 Juifs, à Valady et Nuces, font partie de la première rafle importante en Aveyron, le 26 août  1942 entre 5 heures et 7 heures du matin. Ils sont 176 dirigés sur Rivesaltes pour, ensuite, une destination inconnue.Les 20 et 24 février 1943, 80 juifs de Nauviale, Decazeville, Salles-Curan… sont Déportés vers Gurs.  

La résistance commence à s’organiser. Le lieutenant-colonel Benoît, des F.F.I. (Forces Françaises de l’intérieur) met en place un comité de secteur à Marcillac fin 1943.
L’évacuation des villes du littoral, en prévision d’un débarquement, en 1944, conduit en Aveyron plusieurs trains d’évacués. Quelques familles de l’Hérault, particulièrement des enfants de prisonniers et quelques hospitalisés, sont dirigés sur Marcillac.  Le P.C. de la résistance s’installe au château de Fau, au-dessus de Marcillac, en juillet 1944.

Des commandos de résistants dynamitent le château d’eau de la gare de Saint-Christophe, une arche du viaduc S.N.C.F. de Tournemire, le pont routier de Coursavy… Le 10 août une colonne allemande composée de 3 blindés, 25 camions, 15 voitures légères 6 motocyclettes, 6 mortiers sur roues et une blindée-radio, descendant de Rodez en direction de Valady, accroche, à hauteur de Nuces,  une 202 Peugeot à fanion tricolore qui se dirige vers Rodez, ayant à son bord un groupe de 5 maquisards en mission.  Trois  d’entre eux sont tués, les deux autres blessés.

Le 19 août 1944, les Allemands quittent définitivement Rodez. Les maquisards investissent la place et  défilent pour célébrer la libération de la ville.

Le 8 mai 1945, l’armistice est signé. A Marcillac pendant une semaine, quartier après quartier, on fête la victoire dans la rue, chaque fin d’après-midi, une cocarde à la boutonnière et un verre de Marcillac à la main.

Bientôt les prisonniers rentrent enfin. Mais deux noms de plus viennent s’inscrire sur notre Monument aux morts.

 

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter