La grenade “VIVEN-BESSIERE”

Pendant la guerre de 1914-1918 les usines de Decazeville travaillaient aussi pour la défense nationale. Elles fabriquaient des obus de 220 et 280 m/m ainsi que des grenades quadrillées “Viven-Bessière”. A Villefranche-de Rouergue, on ouvrit également  une usine d’armement où des ouvrières fabriquaient cette fameuse grenade, mise au point par notre concitoyen Gustave Bessière, et qui fut utilisée à des millions d’exemplaires pendant ce conflit. La grenade V.B. était percée d’un trou. Le soldat la positionnait au bout du canon de son fusil. En tirant une balle, celle-ci et les gaz dégagés en passant par le trou, lançaient la grenade et la dégoupillaient en même temps.

Curieusement on retrouve l’usage de cette grenade en Indochine par le Viet-minh à travers un fait rapporté par le journal Centre-Presse du 23 mai 2004 dont voici la teneur : “Dien Bien Phu fut ainsi l’épilogue d’une guerre presque perdue d’avance. Le 31 mars 1954, le 6° BPC est chargé de reprendre la colline Eliane 2 tombée aux mains du Viet-minh. Lors de l’offensive une grenade à fusil tombe dans la musette de Simon Marie. Une VB (Viven-Bessière) qui venait de France”. “J’ai été comme hypnotisé”, raconte l’ancien parachutiste. Dans la confusion, l’armée va envoyer à sa famille un télégramme annonçant sa mort. Mais Simon, criblé de 150 éclats au visage et dans tout le corps va survivre, sortir  de la galerie qui fait office de morgue avec fracas, au point  qu’un infirmier s’adressant au médecin officier aura ce bon mot : “Il y a là-bas un mort qui n’est pas du tout content!”.

Rapatrié aveugle, Simon rencontrera à Marseille une Viviezoise employée des postes qu’il épousera. Il n’avait que 19 ans lorsqu’il fit son premier et dernier saut opérationnel à Dien Bien Phu”.

 

Dans leur livre “Les Aveyronnais – l’esprit des conquérants” – Editions du Rouergue – 1993 – Maury éditeur – Daniel Crozes et Danielle Magne nous apportent  quelques précisions sur
l’adoption de cette grenade par l’armée française :

“Diplômé de l’école des Arts et Métiers d’Aix, cet ingénieur (Gustave Bessière, né Marcillac en 1881, décédé à Neuilly en 1942) se passionna pour la mise au point d’une grenade à fusil alors que la déclaration de guerre venait, en aout 1914, de le ramener au dépôt du 122° R.I. de Rodez. Après maintes expériences qu’il jugea concluantes, il proposa son invention au ministère de la guerre. Mais à la direction du Génie, Bessière n’obtint pas une entrevue avec l’officier compétent. En dépit de ces déconvenues, il ne se découragea pas, et grâce à l’intervention du député de  Villefranche  J. Cabrol, sa grenade fut enfin expérimentée en forêt de Chantilly, devant le général Joffre qu’il réussit à convaincre : on fabriqua la grenade VB à des millions d’exemplaires…”

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter