Inondation des 18 et 19 Juillet 1891

Extrait du rapport dressé par Mr Lavabre, ingénieur des Ponts et Chaussées.

 

« … Il est incontestable que l’orage qui s’abattit le 18 juillet 1891 dans la vallée du Cruou fut d’une violence tout à fait exceptionnelle et qu’il produisit une inondation qui dépassa toutes celles gravées dans la mémoire des habitants les plus âgés de Marcillac.

Cet orage s’étendit sur toute la vallée, tous les petits ruisseaux et ravins affluents du Cruou furent subitement convertis en torrents et les eaux entraînèrent tous les graviers et dépôts qui se trouvaient dans leurs lits. Un grand nombre de propriétés des deux versants furent profondément ruinées. Le ruisseau du Cruou déborda dans la plaine située à l’amont de Marcillac, à l’entrée de cette ville, les eaux resserrées entre les murs des jardins, qui sur ce point rétrécissent considérablement le lit du ruisseau, acquirent plus de force, se précipitèrent avec impétuosité contre le mur de quai de la route départementale n° 4 qui, par suite du coude brusque qu’il forme, présentait un obstacle directement opposé à la direction du courant.

Ce mur ne tarda pas à être enlevé et la force des eaux fut telle que les parapets en pierre de taille, dont le volume est de un quart de mètre cube, furent transportés dans l’écurie de l’hôtel Boyer situé de l’autre côté de la route et à 20 mètres au moins de distance. La route départementale n° 4, le tour de ville, les rues de Marcillac, furent complètement inondées. Les écuries et les rez-de-chaussée des maisons riveraines de la route furent remplis d’eau et quelques personnes qui se trouvaient dans l’écurie de l’hôtel Boyer ne purent être sauvées qu’en enlevant le plancher du premier étage. Sur la façade de cet hôtel, près de la poryte d’entrée, une plaque indique le niveau de cette inondation dont on a cru devoir perpétuer le souvenir. Cette plaque est à deux mètres au-dessus du seuil de l’écurie.

Les eaux s’élevaient à 1,17 m au-dessus de la chaussée du pont métallique établi sur le Cruou pour le passage du chemin vicinal de grande communication n° 21. Il est évident que, tant que les eaux étaient à ce niveau, cette passerelle ne produisait aucune dénivellation à la surface et, qu’étant complètement noyée, son effet était nul ou, du moins, insignifiant. Cependant, l’ouverture de ce pont ne fut pas complètement obstruée car les graviers furent entraînés à l’aval et comblèrent le lit du ruisseau jusqu’à son confluent avec le Créneau…. »

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter

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