IL RECREE DES CUVEES DU XVIII° SIECLE

« On connaissait les chercheurs d’or. Alain Falguières, lui, est un chercheur de cépages. Il traque le cep noueux dans les livres d’histoire, afin de retrouver la trace, et le goût, de ces vins que les Aveyronnais buvaient en abondance au dix-huitième ou au dix-neuvième siècles.

C’est ainsi qu’il a sorti de l’oubli le « menu », dont le nom ne doit pas faire penser à un vin de régime, puisqu’on nous dit qu’il était plutôt capiteux et long en bouche.

Alain Falguières a retrouvé les restes d’une vigne, plantée par son grand-père en 1840, qui donnait du menu (un vin rouge), et qui avait été, ensuite, miraculeusement épargnée par le phylloxéra. Après la greffe de deux branches et une analyse ADN, il est apparu que le « menu » était élaboré à partir du prunelard. Le viticulteur chercheur, après quelques tâtonnements, a réussi à recréer le vin qui flattait le palais de ses ancêtres, et quelques centaines de bouteilles ont été produites, d’abord sous l’appellation « vin de l’Aveyron », avant qu’il n’intègre l’aire du Marcillac.

Aujourd’hui, la cuvée du Menu est constituée de 80% de mansois et 20% de prunelard, et les amateurs se disputent les bouteilles dont le prix tourne autour de quatorze euros.

Dans son conservatoire, Alain Falguières possède aussi le Saint-Côme, un cépage qui avait été abandonné, mais qui, lui, n’avait pas complètement disparu. Et encore le Fel, un vin blanc, cette fois.

Aujourd’hui, le vignoble aveyronnais représente 400 hectares, environ. Alain Falguières se souvient qu’il y en avait près de cent fois plus il y a deux cents ans ».

(extrait de « Midi-Libre Spécial Vins de Fête » du 18 décembre 2012)

 

A Gaillac aussi on s’intéresse au prunelard et au mansois.

A Gaillac « le prunelard était dans la mémoire des vignerons, mais on en trouvait peu, sauf chez Plageoles, qui en avait planté une petite parcelle. On a recherché à droite et à gauche, chez les vignerons. On en a trouvé du côté de Marcillac, dans une forêt, une ancienne vigne, les ceps étaient grimpés aux arbres et dès les premières vinifications il est bien ressorti. On a perdu les ascendants du prunelard mais on connaît ses descendants : le malbec (cahors), probablement la négrette (fronton), ou d’autres. »

Toujours à Gaillac « … depuis une quinzaine d’années, petit à petit, les producteurs ont commencé de réhabiliter leurs anciens cépages comme le duras, dont parle Bernard Plageoles, et le braucol, appelé aussi le fer servadou ou le mansois, du côté de Marcillac… Le braucol, on devait être à 300 hectares en 2003, on a dû multiplier par trois en dix ans, contrairement aux autres cépages, qui ont régressé, commente Bernard Petiot, directeur de la Maison des vins et de la vigne. … »

(extraits de l’hebdomadaire « Le Point » – spécial vins – du 6 septembre 2012) :

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