Grottes à inhumations près de Marcillac

GROTTE DE PANAT

Spéléologue amateur mais très averti, M. Bornand, en compagnie de ses fils Serge et Noël, retournait, un week-end de 1964, explorer les grottes des monts de Panat à 7 kilomètres de Marcillac.

« Ces grottes, …peu connues, lui réservèrent cette fois une surprise, en l’espèce un mince trou au milieu des stalagmites que nos gens mirent deux heures à élargir.

M. Bornand s’engagea alors dans la faille et déboucha, quelques mètres plus bas, dans une salle d’environ 4 mètres sur 3, et de 1 mètre de hauteur. Sur un côté, un ruisseau avait jadis coulé, dont il ne restait qu’une large coulée calcaire. Au bord de l’ex-ruisseau, deux squelettes reposaient sur lesquels les eaux, au cours des siècles, avaient déposé leur calcaire, les pétrifiant et les soudant au roc.

M. Bornand fut assez heureux pour détacher une tête. Il nous assurait, hier, que les squelettes étaient de taille très au-dessous de la moyenne. M. Balsan, directeur de la IX° circonscription préhistorique, consulté, estima qu’il s’agissait très probablement de restes d’hommes du néolithique. M. Balsan assura qu’il se rendrait  prochainement sur les lieux pour une étude plus approfondie, seul le mobilier pouvant permettre de fixer avec précision l’âge des squelettes découverts ».

 

N.B. Cette découverte semblait étendre le périmètre des « cavernes à inhumations en surface de sol », connues jusqu’alors dans les vallées du Trevezel et du Lumensounesque. Ce crâne pétrifié faisait partie des collections du petit musée que l’association des « Amis du Vallon » ouvrit, dans les années 1960 à l’emplacement de l’actuel Centre médical de Marcillac.

 

GROTTE DE BOUCHE ROLLAND

 

En 1836, le géologue aveyronnais Adolphe Boisse s’intéresse à cette caverne où l’on trouvait à foison, à même le sol, des tessons de poteries anciennes et des amphores à demi- enfouies. Seul, il entreprit un sondage à 80 m. de l’entrée, dans une dérivation ayant une trentaine de mètres de longueur. Des fragments de poteries, des ossements humains mêlés à ceux d’animaux divers, principalement des ruminants furent repérés.

En 1866, à l’initiative de la Société des Lettres, Boisse et l’abbé Cérès y font de nouvelles fouilles qui ont donné 7 sépultures gauloises ainsi que des poteries, grains de colliers et fragments de coquillages.

En 1954, Lucien Mazars entreprend des fouilles complètes dans le diverticule sus-indiqué. Il s’avère que celui-ci est une nécropole dans laquelle il découvre,  sur une longueur de 6 m. environ, 17 autres sépultures constituées de tout petits cistes juxtaposés et formés de hautes pierres très lourdes. Les tombes ne pouvaient avoir plus de 0,90 m à 1 m de long sur 0,40 m à 0,50 m de large. Les corps y étaient logés en position repliée, genoux sur le thorax. La tête paraissait jouir d’une protection spéciale, cachée parfois sous une large pierre plate, elle reposait sur une deuxième petite dalle ou sur un lit de gros cailloux.

Le diverticule de la grotte en entier a donné, avec des fragments de poterie, une série de pendeloques, de coquilles, une plaquette de schiste, et tout un mobilier lithique comprenant une soixantaine de pièces diverses.

Les débris de céramiques qui abondent au niveau supérieur des sépultures, sont rares au niveau inférieur. Pourtant le blé grillé qui a dû servir d’offrande se rencontre partout en quantité considérable, dans le ciste lui-même, à proximité des crânes, et même parfois à l’intérieur de la boîte cranienne.

Quelques silex en forme de grattoirs, de pointes et de lames de pointes de flèche ont été recueillis à l’intérieur des cistes. Une sépulture d’enfant contenait une boule d’argile cuite. Dans une autre sépulture la présence d’un « pecten » marin prouve la pénétration dès cette époque d’objets provenant de régions très éloignées. La plaquette de schiste est un objet très rare. Elle possède sur une seule de ses faces, un ensemble de signes graphiques. C’est l’une des seules, sinon  la seule, des pièces gravées découvertes en Aveyron. Que représentent ces traits rectilignes ? Une écriture hiératique, une comptabilité, ou le plumage hérissé d’un oiseau dont la tête et le bec long et pointu se distinguent peut-être vers le haut de la plaquette ?

L’impression d’ensemble est que tout ce mobilier lithique paraît bien plus ancien que celui des dolmens. Certaines  pièces prises séparément ont un faciès du paléolithique supérieur  ou tout au moins du mésolithique.

 

                        (d’après « Mémoires de la Société des Lettres – Tome 27°)

 

GAËLS OU CELTES

« Les Gaëls ou Celtes… habitaient dans des cabanes de bois ou d’argile, ordinairement de forme circulaire, et couvertes de chaume ou de roseaux. Des cavernes ou des souterrains en grand nombre servaient d’habitation, de lieux de retraite, et même de dépôt pour les récoltes. On a trouvé des traces non équivoques de l’habitation de ces peuples primitifs dans les grottes de Solsac, des ossements humains, des fragments informes de poterie en fournissent le témoignage ».

 

                    (extrait de « Histoire de l’église du Rouergue » – abbé L. Servières – 1874)

 

Originally posted 2014-06-22 18:06:09. Republished by Blog Post Promoter

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