Eglise Saint Martial de Marcillac-Vallon

L’église gothique actuelle a été bâtie de la fin du XIV° siècle au début du XVI° siècle à l’emplacement d’une précédente église romane dont il ne reste qu’une fenêtre. Comme la précédente, elle est dédiée à Saint-Martial qui a apporté au 3° siècle en Aquitaine les souvenirs les plus précieux de la Vierge Marie.

Elle a été consacrée le 19 juin 1507 par l’évêque de Rodez, François d’Estaing, auquel l’on doit le clocher de la cathédrale de Rodez.

La nef monumentale de 35 mètres sur 11 s’agrandit encore de huit chapelles plus ou moins profondes qui réunissent tous les vocables des pélerinages et sanctuaires dispersés dans la commune. Jusqu’en 1776 les gens de qualité et les prêtres étaient ensevelis dans ces chapelles.

Vers 1785, pour le garder de l’envahissement des eaux en temps d’inondation, on a rehaussé le pavé de l’édifice d’environ 80 centimètres, ce qui a descendu la hauteur des voûtes à 11 mètres et caché la base des piliers.. Vers 1771, une tribune, reposant sur trois élégantes arcades a été construite pour contenir la foule qui manquait d’espace.

Une flèche monumentale, en pierre de taille, surmonte le clocher octogonal avec double rangée de fenêtres, galerie de ronde et balustrade ajourée.

 DECORATION INTERIEURE :

Surmonté du vénérable buste du Père éternel, le retable du maître-autel dresse deux statues majestueuses de Saint-Martial, en mître, et de Saint-Pierre, en tiare, sous une rosace qui porte Saint-Amans. Construit au XVIII° siècle, ce retable a subi de graves déprédations pendant la période révolutionnaire. Il a été reconstruit en 1809. Une restauration récente (2007) lui a rendu des couleurs et sa configuration originale.  Le peintre ruthénois Jean-Baptiste Delmas           (1786-1860)  a réalisé, en 1834, la grande toile qui représente le Christ en croix entouré de la Vierge, à gauche, et de Saint-Jean, à droite. Cet artiste est également l’auteur des tableaux  des chapelles latérales gauche de l’église :

 

  • 1827 : adoration du Sacré-coeur par les anges.
  • 1837 : Saint-Joseph à l’agonie. (ce tableau a été vandalisé dans les années 1990).
  • 1837 : La tradition des clefs de Saint-Pierre.

Côté droit, dans la chapelle Saint-Jean-Baptiste, un très beau retable (XVIII°) à colonnes corinthiennes, enguirlandées de vigne, a été dépouillé de ses trois statues (Saint Zacharie, Saint Jean-Baptiste, Sainte Elisabeth) lors d’un vol commis le 31 juillet 2002, au cours duquel disparurent également, le buste reliquaire processionnel de Saint Martial, patron de la paroisse, et une petite statue, en bois doré (XIV°-XVI°), de la Vierge à l’enfant, couronnée.
Dans la chapelle du Sacré-coeur, on peut voir une fidèle copie (2° quart XIX°), signée Irma Gabouri du célèbre « Christ mort couché sur son linceul » de Philippe de Champaigne, qui se trouve au musée du Louvre.
Le retable de la chapelle de la Vierge encadre une grande et belle statue en bois doré de la Vierge à l’enfant. La voûte de cette chapelle conserve des restes d’une fresque du XVI° siècle portant l’inscription « speculum justiciae » (miroir de justice).

 

AU TEMPS DE LA REVOLUTION :

L’église n’a pas été aliénée en 1793. Elle a été utilisée comme fabrique de salpêtre, lieu de réunion de clubs politiques, voire même de lieu de culte à la déesse Raison. Elle a été dépouillée de tous les fers utilisables et les cloches de son carillon ont été fondues pour faire des canons. En 1851 et 1852 la paroisse a fait réaliser et installer les trois cloches qui sont toujours en activité. (notes : ré ; fa ; la).

ORGUE  :

L’orgue en tribune (1094 tuyaux) a été inauguré le 31 mars 1995. Il dispose de 15 jeux à bouches et de 3 jeux à anches aux sonorités calmes et puissantes, claires et toniques qui en font un orgue intéressant, bien caractérisé.

PORCHE SUD :

Sous le porche sud, qui s’ouvre face au clocher de la Chapelle des Pénitents, on découvre une pierre sculptée dont le symbolisme marque la fin du Moyen-Age : le lion d’Armagnac terrassé par les lys de France, la victoire de Louis XI sur Jean V d’Armagnac, dernier grand seigneur féodal. Elle a été découverte sous le maître-autel lors d’une restauration de l’église dans les années 1970.

ARBALETRIERS :

Dès le XIII° siècle, un grand nombre de bonnes villes de province septentrionales possédaient des compagnies d’arbalétriers. Les arbalétriers étaient pris dans la bourgeoisie des villes et formés en corporation. Il existait à Marcillac une confrérie de l’Arbalète (dite aussi  de la Sainte-Croix) érigée dans l’église de Marcillac. Nous ignorons la date de sa création. Par contre, nous savons que ses revenus furent transférés le 5 janvier 1650 au recteur et syndic de la communauté des prêtres de la ville .

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter