Echange Marcillac contre Coupiac (contestations)

(Extrait de la “Notice historique et descriptive du Chemin de fer de Montauban à Rodez” – 1859).

“Les plus anciennes traces qu’on trouve de Marcillac sont  dans un acte par lequel un vicomte, Bérenger, la donna à l’abbaye de Conques, peu après l’an 1000.

Un autre acte de 1209, établit que Uc de Panat s’en rendit maître et s’appropria les dîmes, les quêtes, les oblations, les cierges, les droits d’albergue et de taille et autres droits appartenant à l’église de Marcillac. Obligé de donner une preuve publique de son repentir, il déclara, en présence de témoins, qu’il se reconnaissait pécheur envers “monsignor Salvador et madona santa Fé, patrons de Conques”, confessa ses grands torts envers le monsieur de Conques, etc, etc.

Mais restitua-t-il ce qu’il avait pris ? On dût s’entendre car, en 1229, la ville de Marcillac appartenait à Archambault de Panat, hommager du comte de Rodez. Une accusation de meurtre obligea Archambault à quitter le pays et, dès 1231, il avait abandonné au comte Hugues IV le château majeur de Salles. En 1238 il confirma ce don, échangea avec le comte le château et la ville de Marcillac contre ceux de Coupiac, de Caystord, de Peyrebrune et de Thoels, et alla s’établir à Villefranche qui depuis a porté le nom de Villefranche-de-Panat. 

Cet échange, confirmé en 1280 par Pierre de Panat, fils d’Archambault, avait été la cause d’une singulière prétention de l’évêque de Rodez, Raymond de Calmont. Les comtes de Rodez relevaient de l’évêque pour les châteaux de Coupiac et de Caystord, et c’était pour se soustraire à l’hommage que Hugues IV en avait fait l’échange.

Raymond se plaignit de cet acte parce que, disait-il, le comte lui avait donné un hommager de qualité inférieure. Les arbitres, chargés de juger la contestation de l’évêque et du comte de Rodez, prononcèrent que celui-ci reprendrait Caystord et Coupiac, et en ferait hommage à l’évêque, ou bien qu’il déclarerait tenir de lui d’autres terres équivalentes.

Archambault n’était pas seul possesseur de Marcillac car, en 1279, Guillaume d’Estaing se départit, en faveur du successeur de Hugues, des droits qu’il avait sur cette même ville, dans son contrat de mariage avec Anne de Poitiers, sa troisième femme. Henri II lui avait donné l’usufruit des terres de Marcillac, de Salles-Comtaux, d’Agen et de Gages. Lorsque Cécile eut succédé à son père comme comtesse de Rodez, Anne réclama sa dot et son augment. Le parlement de Paris ayant nommé le comte de Forez comme arbitre,celui-ci estima l’usufruit de ces quatre places à trois cents livres une fois payées. Les terres de Marcillac et de Salles furent assignées en représentation de la pension de mille écus d’or, que se réserva le maréchal de Sévérac dans la donation qu’il fit en faveur de Jean, vicomte de Lomagne, fils aîné de Jean IV, en 1426.

Deux fois le comté de Rodez  fut confisqué,par le Roi de France, la première fois au préjudice de Jean V, et dans le partage des terres qui fut fait, Ruffec de Balzac, sénéchal de Beaucaire, reçut la terre de Marcillac. La seconde confiscation fut prononcée contre Jeanne d’Albret ; le Roi donna le commandement de Marcillac à de Nattes, seigneur de la Calmontie”.

Originally posted 2014-06-23 00:35:21. Republished by Blog Post Promoter