Chapelle de Saint-Pierre de Nacelle

Etymologie et légende

« Nova cella » = Nouveau sanctuaire.

Ce sanctuaire porte le nom qui relie la personne auguste qu’on y honore avec son rôle de pilote souverain, dans le gouvernail de l’Eglise ; on le nomme Saint-Pierre -de -Nacelle. Ce nom se rapporte à l’antiquité la plus reculée et à un état des lieux qui précéda le défrichement de notre pays par les premiers moines de Conques. Avant que ceux-ci dessèchent les vallées inondées de Marcillac et de Nauviale ou Saint-Cyprien, la chapelle de Saint-Pierre était paroisse primitive du vallon. Elle dominait l’immense lac qui couvrait l’emplacement actuel de Marcillac, et réunissait les hameaux chrétiens disséminés sur les rebords évasés de l’étang.

L’église de Saint-Pierre, jetée par-dessus les eaux stagnantes du fond de la vallée, évoquait le souvenir du lac et du rivage de Génésareth et de son batelier fait par le Sauveur, de pêcheur de poissons, pêcheur d’hommes. Il était naturel de mettre à côté du batelier, sa nacelle, et de désigner l’autel érigé là, peut-être par Saint-Martial, en apprenant le martyre glorieux du chef  des apôtres, à Rome, par le vocable de Saint-Pierre en nacelle.

PATRONS :

La chapelle qui a Saint-Pierre pour patron a aussi un patron secondaire, c’est Saint-Clair, évêque martyr de notre métropole d’Alby. Le 1er juin, en la fête du saint, aussi bien qu’en la solennité de Saint-Pierre aux liens, la messe était chantée dans la chapelle. Les  habitants des villages voisins et de l’avenue occidentale de Marcillac se faisaient un pieux devoir d’assister à la fête et de vénérer après l’office, le reliquaire qui renferme quelques fragments des corps de Saint-Pierre et de Saint-Clair, entourés de plusieurs autres ossements sacrés.

HISTORIQUE :

  • 961 – Raymond 1er, comte de Rouergue, marquis de Gothie et prince d’Aquitaine, consent un legs à l’église Saint-Pierre de Marcillac. Primitivement, Marcillac dépendait du petit  prieuré de Saint-Pierre-de-Nacelle.
  • 1168 – Guillaume de Mayran vend, pour 110 sous, l’ancien cimetière de l’église Saint-Pierre-de-Nacelle, situé aux Martres, et transformé en vigne.
  • 1184 – Rigal et Bernard de « Novacella » renoncent à tout ce qu’ils demandaient à propos des droits de Guillaume Raimond de Bougaunes. Celui qui reçoit leur cession, ainsi que celle de Déodat de Mayran, pour la vigne des Martres, porte le nom de Gui.
  • 1194 – Le recteur de l’église de Nacelle est Hector Leopardi.
  • 1341 – (14 août) Guillaume de Curtibus, prieur de Combret, consent reconnaissance à l’évêque Guibert, pour plusieurs biens dont des vignes sises au vigne » >vignoble de Saint-Pierre.
  • 1393 – Les templiers, dont le Pape a supprimé l’ordre en 1312, avaient dû posséder une vigne dans la paroisse de Saint-Pierre-de-Nacelle où, en 1393, une parcelle est toujours désignée sous le nom de « La templière ».
  • 1418 – Guillaume Cambefort est prieur de Saint-Pierre-de-Nacelle.
  • 1418 – (6 juin) Dans le cadre de ses visites pastorales, Monseigneur Vital de Mauléon, évêque de Rodez, se rend à Saint-Pierre-de-Nacelle. Dans son rapport de visite, il oblige le prieur à se procurer une chasuble, à faire réaliser un vase de cuivre doré pour le corps du Christ, à mettre aux fonts un vase de plomb de 6 livres, le tout d’ici  Pâques, et exige que le presbytère soit réparé sans délai. Le prieur est cité par l’évêque à comparaître en personne devant l’official de Rodez pour répondre de ce qu’il tient le Saint-Sacrement dans une boîte en bois, comme celle  destinée aux hosties non consacrées, et d’une façon assez  indécente, dans un tissu de lin très sale. Il devra aussi s’expliquer de ce qu’il n’a pas de chrêmière. Le prieur de Saint-Pierre n’a pas d’ouvrier du fait qu’il n’a qu’un seul paroissien. Il est « tenu à toute la  procuration ». Monseigneur l’avertit de la payer. D’une écriture postérieure une main rajoute sur le rapport : « ordonne qu’en considération de la disette de cette année-là et de la pauvreté du bénéfice on fermera les yeux sur son administration défectueuse. Tenu quitte pour six livres, à condition qu’il  paiera de suite. »
  • 1448 – Le prieuré de Saint-Pierre-de-Nacelle est rattaché à la paroisse de Marcillac.
  • 1503 – Les Caussonelles, près de Fijaguet, sont de la dîme de Saint-Pierre-de-Nacelle.
  • 1513 – Un acte de 1513, signale l’arrentement de ce prieuré.
  • 1537 – Après la sécularisation du monastère de Conques, sous Paul III, Saint-Pierre-de-Nacelle et la cure de Marcillac sont unis au manse collégial et le chanoine semainier a droit à la présentation de ce bénéfice quand celui-ci vient à vaquer.
  • 1568 – En quittant Marcillac qu’elles avaient occupé la veille, les troupes du huguenot Jacques de Crussol incendient l’église de Saint-Pierre-de-Nacelle.
  • 1627 – Pierre Volcays est prieur de Saint-Pierre-de-Nacelle.
  • 1646 – Jean Etienne Delauro, qui occupe cette fonction en 1646, proroge le bail à ferme du prieuré consenti à Thomas Fontalbat, marchand de Rodez.
  • 1685 – La chapelle a dû être agrandie ou remaniée en 1685, car c’est cette date que l’on peut lire sur la clé de voûte de la porte d’entrée du sanctuaire.
  • 1750 – Etienne de Mazars est prieur-curé de Saint-Pierre-de-Nacelle en 1750. Il habite Marcillac, faute d’avoir un logement sur place, et non à titre de bénéfice.
  • 1774 – M. Bonnefous est titulaire de Saint-Pierre-de-Nacelle. Il est aussi chapelain de la chapellenie de Cousty de Saint-Austremoine, en 1778.
  • 1775 – Le district de Marcillac, en 1775, comporte les paroisses de : Marcillac, Saint-Pierre-de-Nacelle, Vanc, Saint-Laurent-de-Salles, Saint-Austremoine, Combret, Nauviale, Saint-Cyprien, Mouret (Le Grandmas constitue une annexe de Mouret).
  • 1788 – Camboulas, prieur de Florentin, succède à Bonnefous comme titulaire de Saint-Pierre. La chapelle est dotée de 3 cartes de froment, d’une rente foncière, d’une barrique et demie de vin, d’une petite vigne et d’un accensement. Les collateurs en sont les consuls. (Collateur = celui qui conférait un bénéfice ecclésiastique).
  • 1791 – (6 mai) Blazy cadet, de Marcillac, acquiert pour le compte de Joseph Cammas, pour 875 livres, une vigne à Palayries, ayant appartenu à la chapellenie Saint-Pierre, jouie par Joseph Cammas, prêtre, vendue comme bien national.
  • 1793 – La chapelle de Saint-Pierre-de-Nacelle est vendue comme bien national pour 36O livres.
  • 1851 – Plusieurs paroissiens de Marcillac se dévouent pour faire restaurer la chapelle de Saint-Pierre-de-Nacelle tombée dans le délabrement et menaçant ruine.
  • 1887 – On a trouvé, à partir de 1887, auprès de la chapelle de Saint-Pierre-de-Nacelle des auges et autres objets que l’on rapporte à l’époque gallo-romaine (1er au 5° siècle).
  • 1928 – (août) La foudre incendie la chapelle de Saint-Pierre-de-Nacelle. Tout est consumé : toit, charpente, poutres, portes, jusqu’au contrepoids de la cloche. Il ne reste que des murailles calcinées et lézardées. La voûte en pierre au-dessus de l’autel a toutefois protégé celui-ci et les statues.
  • 1931 – Le docteur Cailhol (médecin à Marcillac) et son épouse, en souvenir de leur fils Pierre Cailhol, interne des hôpitaux de Montpellier, mort prématurément, à 25 ans, le 16 novembre 1931, décident de faire restaurer cette chapelle. Les travaux sont rondement menés.
  • 1932 – L’inauguration et la bénédiction solennelle, par M. le chanoine Segond, du sanctuaire rénové, a lieu le jour de la fête de Saint-Pierre aux liens, le 7 août 1932.
  • 1933 – En défonçant le champ qui se trouve devant la chapelle au-dessus du chemin, M. Molénat découvre quelques ossements humains et un sarcophage, qu’il met au jour.
  • 2003 – Une association des amis de Saint-Pierre-de-Nacelle, composée d’une trentaine d’adhérents, est constituée pour assurer la sauvegarde du sanctuaire. Les adhérents de l’association entreprennent les travaux de restauration de la chapelle.
  • 2OO7 – Au palmarès départemental du patrimoine, l’association reçoit le 3° prix pour cette restauration.
  • 2O1O – Restauration du vitrail représentant le Saint patron.

Originally posted 2012-07-29 17:33:58. Republished by Blog Post Promoter