Chapelle des Pénitents Blancs de Marcillac-Vallon.

  • 16O4 – Une confrérie de Pénitents blancs est établie à Marcillac sur le modèle de celle de Lyon qui avait été approuvée par le pape Grégoire XIII.
  • XVII° siècle – Les emplacements actuels de la chapelle et du presbytère étaient occupés par un cimetière. En France, à la suite des épidémies de peste qui dévastèrent la population, de nombreuses paroisses firent construire,entre 1559 et 166O, une tour appelée « lanterne des morts ». Marcillac fit,  à cette période, ériger la sienne qui sera utilisée en 1661 comme clocher pour la chapelle que feront construire les pénitents.
  • Une lampe  allumée était hissée à l’aide d’une poulie jusqu’au niveau supérieur où des ouvertures étaient orientées aux quatre points cardinaux. Ce fanal était destiné à accompagner la prière pour les défunts et à éloigner les mauvais esprits. La tour d’origine ne devait probablement avoir que quatre ouvertures.
  • 1659 – Les grandes épidémies étaient venues à bout de notre confrérie. En 1659, un groupe de bourgeois, de notaires et de pieux marcillacois rétablit la société des pénitents blancs de Marcillac à l’honneur : « de Jésus-Christ notre Rédempteur, de la Très Sainte Trinité, et de la Glorieuse Vierge Marie ».
  • 1661 – Mgr Hardouin de Péréfixe, évêque de Rodez, autorise nos pénitents à faire mettre en état une chapelle pour y faire célébrer la sainte messe et y faire les célébrations contenues dans leurs statuts.
  • 1790 – Le « catalogue » de l’année 1790 nous révèle 115 noms de pénitents et 100 de pénitentes.
  • 1793 – Le 17 février , la « Société des amis de la liberté et de l’égalité de Marcillac » s’installe dans la Chapelle des Pénitents pour y tenir sa première séance.
  • Le 9 pluviôse, ladite société populaire décide la démolition : « de la petite flèche servant de ci-devant clocher aux ci-devant pénitents », ne conservant que l’accès à la tribune.
  • Le 14 ventôse, les matériaux de cette démolition ainsi que « la grande pierre qui couvrait l’autel » sont vendus aux enchères.
  • Les vases sacrés, les vêtements sacerdotaux et autres objets précieux disparaissent, volés, cachés surtout ou encore envoyés à Rodez par la municipalité, sur requête de l’administration.
  • AN IV -Le 15 thermidor, la chapelle est vendue à Joseph Ricard pour 518,40 F.
  • 1807 – La confrérie se rétablit.
  • 1809 – Ricard fait relever la tour avec deux rangées de six fenêtres, démolir le mur de l’ancienne sacristie, agrandir la chapelle jusqu’au rempart de la ville, ouvrir une fenêtre côté cimetière, recrépir et blanchir la chapelle.
  • 1810 – Une nouvelle cloche est fondue et bénie.
  • 1813 – Joseph Ricard rétrocède à la confrérie des pénitents chapelle et sacristie pour la somme de 2.200 F.
  • 1820 – Les pénitents recomposent le mobilier intérieur de la chapelle.
  • 1822 – La confrérie se dote d’un nouveau règlement.
  • 1826 – Régis Delmas, doreur à Rodez, reçoit commande pour un retable neuf.
  • 1827 – Jean-Baptiste Delmas peint les panneaux latéraux de ce retable (Saint Joseph et l’enfant Jésus, à gauche ; Saint Jean-Baptiste, à droite) et probablement le plafond (les quatre évangélistes) et les quatre peintures murales qui ne sont pas signées.
  • 1838 – Le nombre de pénitents est de 103. Celui des pénitentes s’est réduit de 106 en 1812, à 44 en 1841.
  • 1839 – Les pénitents rachètent le petit jardin qui jouxtait leur église, aujourd’hui considérablement rétréci.
  • 1873 – Le peintre Joseph Puech se voit confié la décoration de la chapelle. Peut-être est-il l’auteur des peintures que des sondages ont mis à jour en 2001 sous un badigeon blanc.
  • Le peintre-verrier L. Lachaize de Rodez réalise les vitraux.
  • 1878 – Acquisition d’une nouvelle bannière dorée à l’or fin.
  • 1893 – (11 juin) Jean Soulié et Jean Froment sont les deux derniers membres reçus dans la confrérie.
  • 1898 – Les pénitents perdent le monopole du portage aux enterrements qui est désormais réservé à la Fabrique de l’église paroissiale.
  • Vers 1900 – Extinction de la confrérie
  • 2000 –  Restauration des vitraux.
  • 2001 – Madame Bonicel restaure les peintures du plafond et les quatre peintures murales (l’Annonciation ; Gethsémani ; La Vierge de douleur ; Saint Michel terrassant le démon).
  • Un éclairage nocturne met en valeur l’intérieur de la lanterne des morts, la rosace, la façade côté entrée et le clocher
  • de la chapelle ainsi que la face sud de l’église paroissiale.

SACRISTIE :

Le mur ouest de la sacristie est un vestige des anciens remparts du XIV° siècle. La voûte de la sacristie reposant sur ce mur, on peut penser que cette salle est contemporaine de la construction des remparts.
A l’origine de la confrérie, avant la construction de la chapelle, les pénitents ont dû l’utiliser comme salle de réunion. Elle offrait l’avantage d’être mitoyenne avec le cimetière et tout près de l’église paroissiale où une chapelle était réservée à leurs exercices.
Au XX° siècle, avant la seconde guerre mondiale, elle a servi de salle de musique pour la Lyre Saint-Bourrou. (Une lyre et la mention « Lyre Saint-Bourrou » étaient peintes sur un mur à l’intérieur de la salle).
Dans les années 1940, les « Coeurs Vaillants » l’ont utilisée comme salle de réunion, tandis que la chapelle servait de salle de catéchisme.

EXERCICES :

Les statuts de la confrérie de 1604, réactualisés en 1710, prévoient que les pénitents « sont obligés de se trouver à leur église tous les dimanches et fêtes solennelles, vêtus de leur sac (tenue de toile blanche),qu’ils chanteront l’office de Notre-Dame et immédiatement après ouïront la sainte messe, qu’ils s’abstiendront de tous les péchés, surtout de jurement, blasphème, impureté et ivrognerie. Ils doivent se confesser et communier une fois tous les mois, toutes les fêtes solennelles et les fêtes de Notre-Dame. Ils sont tenus de visiter leurs confrères malades et obligés d’accompagner à la sépulture leurs confrères trépassés et d’assister à toutes les processions et surtout à celle qui se fait le troisième dimanche du mois à l’honneur du Saint-Sacrement, de remettre dans le droit  chemin un confrère dont la conduite s’égare, de réconcilier deux confrères ayant quelque dispute ou querelle ensemble, de se trouver dans leur église au matin des mercredi et vendredi de chaque semaine de Carême pour y dire l’office de la passion et au soir pour y prendre la bénédiction et assister à complies d’obéir au prieur… »

Les statuts sont complétés de règlements et devoirs qui imposent d’autres prières, messes, vêpres, processions, sacrements, visites, entraides. Ainsi, par exemple, les confrères doivent saluer « les églises et les croix passant par devant et feront le signe de croix » ; ils « s’entresalueront à la part où ils se trouveront pour marquer d’amitié sans dissimulation ». Ils seront tenus de « s’abstenir de cabaret pour boire ou manger, savoir les jours du premier de l’An, les cinq jours et fêtes de Notre-Dame, Pâques, la Noël, et l’Epiphanie, Pentecôte, la Toussaint, et tous les autres jours qu’ils ont accoutumé de s’assembler. Quand un confrère sera décédé seront tenus les autres, d’abord que le défunt sera mis dans le coffre, d’aller dans la maison de quatre en quatre, les uns après les autres, pour y dire, ceux qui sauront lire, l’office des morts et les autres, qui ne sauront pas lire, diront le chapelet pour le repos de l’âme du défunt et suivront l’ordre et le rang que leur donnera Monsieur le Prieur, et en cas de maladie contagieuse ou que la maison dudit défunt ne soit pas assez grande ou propre pour recevoir les confrères, cet exercice de charité se fera dans leur église où la bière sera dressée avec deux cierges allumés, l’un à la tête et l’autre aux pieds de la bière… »Des amendes doivent être versées au trésorier de la confrérie en cas d’infraction aux règlements.

Les femmes reçues dans la confrérie doivent, comme les hommes, payer un droit d’entrée (d’un montant inférieur à celui des hommes) et les charges ordonnées. Elles n’ont pas le droit de revêtir l’habit de pénitent, et ne participent qu’aux  prières qui se disent dans la chapelle.

STRUCTURE  :

Le règlement  de 1822 prévoit la hiérarchie suivante  :

  • un prieur
  • un sous-prieur
  • un trésorier
  • un sacristain
  • un syndic

Ceux-ci portent le titre d’officier et sont nommés à la pluralité des voix.
A leur tour, ceux-ci nomment aussi à la pluralité des voix :

  • un maître de cérémonies
  • un maître de choeur
  • deux bâtonniers
  • quatre chantres ou choristes
  • dix conseillers
  • un porte-bannière
  • un mande et un portier.

Les membres sont divisés en séries de vingt  chacune, dont douze choisis pour chaque série, parmi les confrères les plus zélés et les plus assidus, habitant Marcillac, et les huit autres à la campagne. Elles sont formées et réformées tous les ans avec la liste des officiers. Il y a, par chaque série, un adjudant-sacristain, deux choristes, un porte-bannière, deux bâtonniers et deux jeunes assistants, âgés de moins de quinze ans, en tout vingt.

 

Les membres doivent assurer gratuitement la sépulture des indigents, non confrères, morts à l’Hospice et dans la paroisse, lorsqu’ils sont jugés tels par les officiers. Ils assistent aux offices, processions et autres cérémonies de la paroisse revêtus de leur habit et portant les emblèmes de leur confrérie toutes les fois qu’ils y sont invités par Monsieur le Curé.

LES PEINTURES MURALES :

Les quatre peintures murales de la Chapelle des Pénitents, bien que non signées, sont attribuées à l’artiste ruthénois J.B. Delmas. Il s’inspirait très souvent  d’oeuvres exposées au musée du Louvre. On remarque que notre « Vierge de douleur » (ou Vierge revenue au Calvaire) a été inspirée de la « Vierge de douleur »  saisie  à Sainte Opportune et exposée au musée du Louvre sous le numéro d’inventaire n° 1129. De même notre Saint-Michel terrassant le dragon est une copie du « Grand Saint-Michel » d’après l’oeuvre de Raphaêl (collection François 1er) exposée au musée du Louvre sous le numéro d’inventaire n° 1129.

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