Camis rodanès de Rodez à Marcillac

« Partant de Rodez deux camis rodanès ont perpétué les chemins de la préhistoire.

Celui du causse septentrional, le Causse Comtal, est visiblement le chemin des dolmens et des tumuli (une centaine ! ),  mais aussi celui des corniches du causse, surplombant les abris sous roche de Bouche-Rolland et de Saint-Laurent, dont certains ont  d’ailleurs été utilisés comme caves viticoles jusqu’à nos jours. Archéologues et historiens constatent de ce côté une extraordinaire permanence dans les sites humains. De la route des corniches on descendait par des côtes à Salles-la-Source, à Saint-Austremoine ou à Marcillac. Ce chemin fut aussi celui des grands domaines gallo-romains que révèlent ces toponymes aux terminaisons en – ac – si caractéristiques : Solsac, Mondalazac, Cadayrac, Cornelach (vraisemblablement un ancien Corneliac), Mernac, Aunhac, Bennac, qui presque tous devinrent, au Moyen-Age, sièges d’église et de paroisse. Mernac a donné Saint-Austremoine, Aunhac Saint-Jean de la Léproserie (église disparue au-dessus de Saint-Laurent) et Cornelach peut-être Saint-Pierre de Salles (église disparue). Cette voie ne fut en partie abandonnée que lorsque H. Carcenac, Tarayre et Guillemin firent ouvrir , il y a un siècle et demi, la route de la vallée. Elle était le chemin du comte de Rodez, celle qui donnait accès à ses vignobles, à ses  seigneuries (Salles-Comtaux et Marcillac) et à l’église de Saint-Austremoine, chef-lieu paroissial de son château (de Salles-la-Source), elle-même dépendante de son église Saint-Amans de Rodez.

L’autre « cami rodanès » était celui de l’évêque ou plutôt celui du chapitre de la cathédrale de Rodez. On peut encore le suivre et en goûter le charme sur un long parcours. En partant de Rodez on trouvait d’abord Saint-Félix, où se tint le grand synode de 1010 au cours duquel on fit l’ostension des majestés en or de Rodez (Notre-Dame), de Conques (Sainte-Foy) et de Vabres (Saint-Mary), où saint Vincent Ferrier, le fameux prédicateur du début du XV° siècle, vint haranguer les foules de la région. Le chemin passait à Onet-le-Château (château du chapitre, dont l’église renferme deux chapiteaux du haut Moyen-Age venant de l’ancienne cathédrale) et il arrivait à Souyri : fontaine sacrée d’Alis, église romane exhaussée et fortifiée au XV° siècle, dépendance du chapitre, halte de pélerins, passage de la grande draye… Depuis la préhistoire, l’homme est passé, a sans doute prié et a habité en ce lieu. Au delà, le chemin continuait en direction du Pont (aujourd’hui Pont-les-Bains), après avoir desservi Notre-Dame-de-Vanc (nouvelle propriété du chapitre).

Ainsi on ne peut rêver de chemins plus typés que ces deux camis rodanès, chemins de Rodez au Vallon, chemins de deux pouvoirs et de deux cultures… »

 

             (Extrait de « Salles-la-Source » – Jean Delmas – éditions du Beffroi – 1992)

 

 

« L’évêque et le comte de Rodez, qui se partageaient déjà la ville, se disputaient les fiefs du Vallon et des causses. Pour rejoindre ses possessions, chacun a sa route : lo cami rodanès qu’empruntait le comte montait vers Bennac, passait à  Cornelach et à Solsac  avant de redescendre à Marcillac.

Quant à l’évêque, son chemin le menait de Saint-Félix à Saint-Austremoine, après avoir traversé Onet-le-Château, Souyri (où il ctrisait la grande « dralha » qui reliait le quercy à l’Aubrac), Notre-Dame de Vanc, La Planque, Le Pont (Pont-les-Bains).

Ce n’est qu’au XIX° siècle que sera construite la route de la vallée que l’on connaît actuellement ».

 

              (Extrait de « Chemins des vignes »)

Originally posted 2014-06-23 06:00:24. Republished by Blog Post Promoter

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